Après l’officialisation, lundi, du retour sur scène de Céline Dion à Paris (pour septembre), de nombreux fans se préparent pour la mise en vente des billets, avec excitation et une certaine angoisse. Au Québec, l’émotion n’est pas moins forte et la star est au centre de toutes les conversations.
Depuis plusieurs jours, la rumeur s’intensifiait. De mystérieuses affiches placardées dans Paris, des exercices de lumières à la tour Eiffel, des rumeurs sur les réseaux sociaux. Et finalement, l’annonce lundi 30 mars : Céline Dion, star mondiale de la chanson, allait bien faire son retour sur scène, à Paris La Défense Arena.
En ce jour d’anniversaire – Céline Dion a fêté ses 58 ans le jour de l’annonce – ce retour suscite beaucoup d’émotions chez les fans. « J’ai toujours rêvé d’aller voir Céline avec ma mère, et je voulais lui offrir ça pour son anniversaire, confie Marine. Puis il est arrivé la fameuse période dont tout le monde se rappelle, le Covid, qui a entraîné deux reports, et ensuite, deux nouveaux reports à cause de sa maladie. On pensait ne jamais revoir Céline Dion. »
Comme Marine, tous ont un lien fort, passionnel, familial parfois, avec Céline Dion. Pour ces fans, cette annonce, c’est « d’abord, la démonstration que Céline va mieux et ça, c’est très important, souligne Line Basbous, la présidente des Red Heads, le plus gros fanclub international de Céline Dion. L’excitation est à son comble. C’est presque six ans sans spectacle live. »
Depuis que Céline a commencé à chanter, il n’y a jamais eu un temps d’arrêt aussi long.
Line Basbous, présidente des Red Headsà franceinfo
Cette franco-libanaise installée au Québec depuis 15 ans, sent bien l’excitation monter ici : « À travers le monde, des fans commencent déjà à se projeter, à organiser leur voyage. Des gens qui ont déjà pris leurs billets d’avion, qui ont même déjà réservé des hôtels.
Si celle qui est considérée comme un trésor « national » au Canada est au centre de toutes les conversations, ce n’est pas pour rien. « On est beaucoup de fans à travers le monde à aimer aussi, ou à avoir appris à aimer le Québec à travers elle, poursuit Line Basbous. Beaucoup de gens ont visité le Québec à travers elle. »
Ce qu’elle a développé à travers les années dans la relation France-Québec, c’est définitivement une sorte de cousinage un peu plus officiel.
Line Basbous.à franceifno
« La fierté s’est construite au fil du temps, raconte Danick Trottier, professeur de musicologie à l’UQAM, l’Université du Québec à Montréal, et grand spécialiste de Céline Dion. Il ne faut jamais oublier qu’on vient d’un XXᵉ siècle où on opposait les musiques : ce qui était vu comme « quétaine » [terme familier au Canada voulant dire ringard], donc kitsch, et ce qui était vu comme snob. Et Céline Dion a payé les frais de ce clash. » Pour lui, Céline Dion, avec le temps et après avoir été parfois moquée à ses débuts, rassemble aujourd’hui toutes les chapelles. « Pour les nouvelles générations, poursuit le spécialiste, ce n’est plus la Céline Dion, la petite-fille de [la ville de] Charlemagne des années 80, ça c’est sûr. »
Pour les nouvelles générations, c’est la grande star. La femme aussi qui force l’admiration pour tout le travail qu’elle a fait.
Danick Trottier, spécialiste de Céline Dionà franceinfo
« On a toujours eu une relation très affective avec Céline Dion, indique encore le professeur. Les gens n’hésitent pas à dire notre Céline, ma Céline. Mais je sens aussi une forme de sensibilité chez les gens par rapport à l’idée de résilience face à la maladie. »
Il y a trois ans, c’est une autre vidéo, puis un documentaire déchirant qui avait choqué les fans, quand la star fait part de sa maladie : « J’éprouve des problèmes de santé depuis longtemps et ce n’est pas facile pour moi d’y faire face. » Des fans, dont fait partie la chanteuse Safia Nolin rencontrée dans un café de Montréal. « J’ai commencé à entendre la musique, à chanter quand j’étais petite, parce que j’étais complètement en admiration avec elle, souligne l’artiste. Elle avait l’air d’être la meilleure personne de la planète. C’est comme une grande tante qui a toujours été là. »
Les gouvernements changent, les stars bougent, mais elle, elle bouge pas.
Safia Nolin, chanteuseà franceinfo
« J’apprécie Céline réellement au premier degré Céline, assure Safia Nolin. Ce n’est pas un péché mignon, ce n’est pas un truc que je cache. Je l’aime dans toute son entièreté. » Elle l’a d’ailleurs souvent chantée, dans les médias, en festival, au Québec et en France. Elle l’a aussi rencontrée, deux fois : « Elle m’a dit trois fois qu’elle m’aimait. Et moi je garde ça avec moi précieusement dans mon cœur. » Elle va tout faire pour être à Paris en septembre 2026.
Dès le début de sa carrière, René Angélil visait la France. C’est pourquoi il était allé chercher, déjà, Jean-Jacques Goldman, pour un carton : l’album D’eux il y a 30 ans. Le professeur Danick Trottier, qui parle de plus bel exemple du « corridor franco-québécois », n’est pas surpris. « Elle a toujours fait, dit-il, des retours à Paris. Alors que chez nous, elle a fait des retours médiatiques, mais pas toujours des retours sous forme de concerts. Elle a toujours gardé un lien très fort avec Paris. »
Line Basbous voit plus loin, après les dates parisiennes : « Je rappelle qu’elle avait une entente, juste avant la pandémie, pour un retour à Vegas. Est-ce que c’est quelque chose qui peut s’envisager pour l’année prochaine ? Ça ferait tout son sens, oui. » Le spectacle sera différent, c’est sûr, en fonction des capacités physiques et vocales de Céline Dion. Mais au Québec comme en France, l’essentiel sera juste de la revoir, debout, sur scène, en vrai.
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