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OCDE: une baisse sans précédent de l'Aide publique au développement

L’OCDE, l’Organisation de coopération et de développement économiques, a publié ce 9 avril les statistiques annuelles de l’Aide publique au développement (APD), qui s’est établie à 174,3 milliards de dollars. Son montant a reculé de près d’un quart par rapport à l’année dernière, un recul sans précédent.

Publié le : 09/04/2026 – 20:46


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La politique de coupes générales de Donald Trump à elle seule a entraîné les trois quarts de la baisse de l’Aide publique au développement en 2025. Suivent derrière l’Allemagne, la France, le Japon et le Royaume-Uni. C’est la première fois que ces cinq fournisseurs réduisent leur aide de manière simultanée, note l’OCDE dans son dernier rapport.

Berlin reste le premier donateur. Et malgré les pressions budgétaires auxquelles doivent faire face les États donateurs, certains sont parvenus à maintenir, voire à augmenter leurs aides : c’est le cas de l’Espagne, de la Suède ou encore de la Hongrie.

L’Ukraine, bénéficiaire d’un quart de l’aide

Parmi les bénéficiaires, l’Ukraine, à elle seule, a drainé près d’un quart de l’aide, environ 45 milliards de dollars. Un volume qui a augmenté de 18 % par rapport à l’année passée. C’est le volume d’aide destiné à un seul bénéficiaire le plus élevé jamais enregistré, souligne le rapport de l’OCDE. 

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Elle a d’ailleurs, note encore l’organisation, d’avantage d’APD que tous les pays les moins avancés et que tous les pays d’Afrique subsaharienne qui ont reçu respectivement 28 et 29 milliards de dollars. Une aide en baisse de plus de 20%.

« Cela a touché l’aide humanitaire ainsi que les programmes de développement, ainsi que les projets et la coopération technique », explique Pilar Garrido, directrice de la coopération pour le développement à l’OCDE. « Les réductions se sont concentrées sur les contributions de base au système des Nations unies. Les données définitives, qui seront publiées en décembre 2026, nous permettront de mieux évaluer la situation. Mais l’image préliminaire est claire : les pays qui ont le plus besoin d’aide sont parmi ceux qui subissent les baisses les plus importantes. »

D’autres ressources pour les financements en Afrique subsaharienne

Pour les pays d’Afrique subsaharienne, il n’y a en revanche pas d’assèchement des financements, c’est leur nature qui change. L’OCDE note par exemple une augmentation des contributions dans les multilatéraux tels que la Banque mondiale et les banques régionales de développement. Les pays les plus fragiles y ont trouvé des ressources qui ont permis de compenser en partie la baisse des aides.

Autre phénomène : si les dons et les prêts concessionnels – c’est-à-dire des prêts aux taux d’intérêts favorables – ont baissé, les prêts au secteur privé ont eux augmenté. C’est une tendance générale qui a été présentée par exemple par l’Agence française de développement dans son dernier bilan. Ce sur quoi alertent de nombreux acteurs de la société civile. Ces financements ne sont pas de nature à aller vers des secteurs tels que la santé, la protection sociale ou l’éducation, qui par définition ne sont pas rentables sur le court terme. 

Il faut également noter que des acteurs hors OCDE ont augmenté leurs contributions d’aide publique : c’est le cas par exemple du Qatar (+23 %) ou des Émirats arabes unis (+55 %). Une tendance qui pourrait être infléchie par le conflit au Moyen-Orient.

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L’OCDE appelle à développer des projets plus « bancables »

Par ailleurs, les pays donateurs doivent gérer leurs propres pressions budgétaires, souligne l’OCDE, qui appelle à développer les projets plus « bancables ». Une tendance sur laquelle alerte Mathieu Paris, chargé de ces questions à CCFD – Terre solidaire.

« Ce que l’on voit, c’est un tournant avec l’aide qui doit maintenant répondre aussi aux intérêts stratégiques, économiques des pays donateurs », explique-t-il. « Or, pour des services publics, des services essentiels comme la santé, la protection sociale, l’éducation, vous ne pouvez pas avoir une logique de rentabilité à court terme. »

Une nouvelle contraction de l’aide publique est attendue pour cette année. Trois années consécutives de baisse, ce n’était pas arrivé depuis la guerre froide, pointe l’OCDE.


Source:

www.rfi.fr

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