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Nathalie Baye vue par Noémie Lvovsky : “Elle avait un désir de vie et de joie qui l’emportait sur tout”

Après la mort de Nathalie Baye, les cinéastes sont nombreux à faire part de leur admiration pour la comédienne. Noémie Lvovsky, qui l’avait fait tourner dans “Les Sentiments” en 2003, se souvient d’une actrice qui était une “très grande camarade”.

Nathalie Baye dans « Les Sentiments », de Lvovsky, où elle joue Carole, la femme d’un médecin joué par Jean-Pierre Bacri. Prod DB/ARP/Hirsch/DR

Par Valérie Lehoux

Publié le 18 avril 2026 à 20h37

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Dans “Les Sentiments”, de Noémie Lvovsky, une banale histoire d’adultère était sublimée par des comédiens époustouflants : Jean-Pierre Bacri, Isabelle Carré, et Nathalie Baye. Après l’annonce ce samedi de la mort de cette dernière, nous avons demandé à la cinéaste de nous parler de l’actrice et de ce tournage.

Quelle image de Nathalie Baye vous vient immédiatement ?Beaucoup d’images me viennent, des images d’avant de la connaître, celles d’une grande actrice incroyablement gracieuse dans des films avec lesquels j’ai grandi et qui m’ont donné l’envie de faire moi-même du cinéma. Je pense à ceux de François Truffaut, de Jean-Luc Godard, à un film de Pialat… À vrai dire, si elle était inoubliable dans nombre de films, elle l’est pour moi tout particulièrement dans La Chambre verte, de Truffaut, qui parle du rapport aux morts et que j’ai découvert quand j’étais très jeune. Il y a un échange entre son personnage et celui que joue Truffaut. Ce dernier lui dit : « Nous aimons les morts, nous ne voulons pas qu’on les oublie, nous n’acceptons pas qu’on les trahisse, nous sommes pareils ». Et elle : « Non, nous ne sommes pas pareils. (…) Nous n’avons pas la même façon d’aimer les morts. Vous, vous aimez les morts contre les vivants ». Cela m’a beaucoup marquée. L’amour de la vie qu’elle exprime dans ce film, elle l’avait aussi dans sa propre existence. Bien sûr, elle n’ignorait pas la grande mélancolie, mais elle avait en même temps un désir de vie et de joie qui l’emportait sur tout. C’était très beau.

Vous l’avez dirigée dans Les Sentiments en 2003…Grâce à tous ces films dont je vous parlais, j’ai eu l’envie que nous en fassions un ensemble. Ce fut donc mon quatrième, Les Sentiments. Et là, j’ai vu qu’elle était une très grande camarade du film. Du film lui-même et de tous ceux qui y participaient, de la réalisatrice que j’étais, de l’équipe, de ses partenaires — notamment Jean-Pierre Bacri. Je pense qu’elle a été la camarade de tous les cinéastes ou presque avec lesquels elle a travaillé. Elle savait le travail de celui ou de celle qui est derrière la caméra, et elle l’accompagnait. Elle ne choisissait pas ses films seulement pour le rôle qu’on lui proposait, mais pour un film lui-même — en sachant qu’un film, c’est quand même avant tout un cinéaste. Et puis nous avons joué ensemble dans L’un reste, l’autre part de Claude Berri, en 2004. Elle était très rieuse, joyeuse.

Découvrir la note et la critique

Elle avait quand même surtout la réputation d’être une très grande travailleuse…Elle l’était aussi ! Elle venait de la danse. J’ai eu l’occasion de travailler avec deux comédiennes qui avaient été danseuses avant, et j’ai remarqué chez les deux à la fois un très grand goût de l’effort et une profonde humilité ; dans le rapport au corps notamment dont on sait qu’il peut lâcher… Et puis il y a sa voix. C’est celle de l’horloge parlante dans L’Homme qui aimait les femmes, de Truffaut… Vous me demandiez ce qui me venait à l’esprit ? Pour moi, c’est aussi cela, Nathalie : une voix, aussi gracieuse que sa présence, belle, très lumineuse. D’ailleurs je n’ai qu’une envie : la réécouter en horloge parlante dans L’Homme qui aime les femmes…

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Source:

www.telerama.fr

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