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La mission Artémis II vient de marquer l’histoire : quatre astronautes ont survolé la face cachée de la Lune, s’aventurant plus loin de la Terre que n’importe quel être humain avant eux. Un exploit scientifique qui, comme en 1969, n’a pas tardé à exciter l’imagination des complotistes sur les réseaux sociaux. Entre faux fonds verts et images générées par l’intelligence artificielle, Info/Intox démêle le vrai du faux.
L’une des théories les plus virales repose sur un prétendu « raté » technique lors d’une interview des trois Américains et du Canadien qui composent l’équipage. Un internaute a crû déceler des reflets verts sur Rise, la petite peluche servant d’indicateur d’apesanteur. Preuve selon lui irréfutable, que la NASA a fabriqué de toutes pièces l’envoi d’astronautes dans l’espace et tourne des images sur fond vert, dans un studio situé sur Terre.
Sauf que la séquence originale, diffusée par CNN le 5 avril, ne comporte aucun reflet. Le défaut visuel provient en réalité d’un simple souci d’incrustation des « synthés » – les bandeaux d’information en bas de l’écran – lors de la retransmission par un média tiers.
Le retour du « Moon Hoax » de 1969
Quant aux images censées montrer des astronautes dans un studio vert, elles portent les marques d’une création par intelligence artificielle. Il manque un bras à un membre de l’équipage, une main est mal générée et une « Christina Koch » flotte sans être harnachée. Même diagnostic pour la vidéo d’un astronaute à « trois jambes » attribuée à tort à la NASA. Il s’agit en réalité d’une création numérique d’un artiste, postée bien avant le décollage d’Artémis II.
Un influenceur a également tenté de prendre l’agence spatiale américaine en flagrant délit d’enfumage. Selon lui, elle aurait diffusé deux photos de la Terre à douze heures d’intervalles en « plaçant » les nuages au même endroit.
En réalité, les clichés – authentiques – étaient pris au même moment. La différence d’aspect (jour/nuit) résulte simplement de réglages différents de la vitesse d’obturation de l’appareil photo.
Viser la Lune… avec l’IA
Enfin, les réseaux sociaux débordent d’images spectaculaires d’Artémis II frôlant la Lune, ou d’images très colorées. Bien que très esthétiques, elles ont été générées par des internautes.
Plusieurs indices permettent de démêler le vrai du faux : la forme du hublot qui ne correspond jamais à la réalité, ou encore le fait que la Terre apparaisse en intégralité alors que ce n’est jamais le cas dans la galerie photos publiée par la NASA.
Certains véritables clichés pris par la mission peuvent sembler décevants quand on les compare aux prouesses de l’intelligence artificielle. A l’image de cette photo virale censée montrer le Bassin Oriental – un cratère situé sur la ligne de démarcation entre la face cachée et la face visible de notre satellite. La version générée par IA est beaucoup plus impressionnante que celle prise par la NASA mais elle est au moins … véridique. La véritable image permettra de mieux comprendre la composition de la Lune et son histoire.
Après avoir parcouru 400 000 kilomètres pour le trajet retour, les quatre astronautes, Victor Glover, Reid Wiseman, Jeremy Hansen et Christina Koch, touchent au but. L’amerrissage est prévu au large de San Diego, en Californie, ce samedi vers 2 heures du matin (heure française).
Source:
www.france24.com




