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Michel Bassompierre, le sculpteur des animaux, est mort à l'âge de 78 ans

Cet artiste nantais souhaitait rendre l’art accessible à tous et alerter sur la fragilité du vivant. Victime d’un malaise suivi d’une chute, il était tombé dans un profond coma.


Publié le 22/04/2026 12:16

Temps de lecture : 4min

Le sculpteur français Michel Bassompierre dans son atelier, près de Nantes, le 4 juin 2025. (LOIC VENANCE / AFP)

« La sculpture, c’est avant tout l’expression de l’animal et l’animal c’est la liberté, la beauté de la vie », disait le sculpteur Michel Bassompierre. Spécialisé dans la représentation du monde sauvage avec des œuvres aux formes douces et rondes, l’artiste est décédé mardi 20 avril à Nantes à l’âge de 78 ans, a annoncé sa famille à l’AFP. « Une chute sur la tête après un malaise l’a plongé dans un profond coma dont il ne pouvait sortir », ont indiqué ses proches.

Dans un communiqué transmis à l’AFP, sa famille rappelle que « ses sculptures ont été exposées dans de nombreux lieux emblématiques, notamment à Paris, au Jardin des Plantes et sur le boulevard Haussmann, à New York, sur Park Avenue, à La Mamounia à Marrakech ou encore au musée océanographique de Monaco ».

Un gorille de Michel Bassompierre devant le Vieux Bassin de Honfleur (Calvados), le 2 novembre 2019. (OLART FABIEN / HEMIS.FR)

Un gorille de Michel Bassompierre devant le Vieux Bassin de Honfleur (Calvados), le 2 novembre 2019. (OLART FABIEN / HEMIS.FR)

« En investissant l’espace public, il souhaitait rendre l’art accessible à tous et susciter une prise de conscience autour de la beauté et de la fragilité du vivant », a-t-elle souligné. De bronze ou de marbre, hautes de quelques centimètres ou de plusieurs mètres, les œuvres de Michel Bassompierre – ours, gorilles, éléphants, chevaux ou pandas – se caractérisent par leurs formes rondes et épurées, rappelant celles du sculpteur François Pompon.

Il a reçu de multiples distinctions dont, justement, le prix François Pompon en 2017, la médaille d’Or du Salon des Artistes Français en 1998. Il était aussi Officier de l’ordre des Arts et des Lettres depuis 2025 et venait d’être nommé Chevalier de la Légion d’honneur en 2026.

« Le monde sauvage, le frère animal, m’a toujours attiré, là où il n’y a pas d’humains. Peut-être parce que je suis une bête sauvage sans le savoir », déclarait-il à l’AFP en 2025. Ses expositions sont souvent accompagnées de conférences où interviennent scientifiques et ONG, pour rappeler les menaces qui pèsent sur cette faune qu’il modelait.

« Plus on connaît ce qui nous entoure, plus on apprend à le connaître, disait le sculpteur, plus on se sent humble devant la nature, et plus on a envie de respecter cette nature extraordinaire. Si mon travail peut servir à protéger le monde vivant, au moins, je me dis que j’aurai servi à quelque chose. »

Le sculpteur Michel Bassompierre dans son atelier de Vertou, dans la région nantaise, le 4 juin 2025. (LOIC VENANCE / AFP)

Le sculpteur Michel Bassompierre dans son atelier de Vertou, dans la région nantaise, le 4 juin 2025. (LOIC VENANCE / AFP)

La réalisatrice Fabienne Rio avait retracé son parcours de Nantes à New York, dans un documentaire sensible, Bassompierre, l’esprit animal, diffusé en novembre 2025 sur France 3 Pays de la Loire et sur la plateforme france.tv.

Le film montrait que l’artiste, qui se proclamait « le dernier ours des marais de Goulaine » s’était longtemps tenu éloigné des circuits artistiques traditionnels et que « loin de l’effervescence, au calme de son atelier », il continuait de sculpter « pour l’amour et le respect de son frère animal ».

Né en mars 1948 d’une mère artiste et d’un père géologue, Michel Bassompierre avait grandi à Paris, et découvert le monde animal au Museum national d’histoire naturelle et au zoo de Vincennes. Il avait emménagé en Normandie à l’adolescence et avait ensuite été formé aux Beaux-Arts de Rouen.

Le comédien François Cluzet est un fervent admirateur de son œuvre. « On regarde ces animaux et on les voit exister, vivre, même s’ils sont silencieux, même s’ils n’avancent pas ; ils existent quand même et j’ai l’impression que dans leurs yeux, Bassompierre a mis toute son humilité, toute son humanité, toute sa bienveillance », avait déclaré l’acteur à l’AFP en 2025.

France 3 Pays de la Loire rappelle qu’un musée, en hommage à son travail, doit ouvrir ses portes en 2028 à Vertou, au sud de Nantes, là où vivait le sculpteur des animaux, et revient sur sa dernière exposition dans la commune de Loire-Atlantique, pendant l’hiver 2024-2025, avec de superbes photos.


Source:

www.franceinfo.fr

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