Publié le 06/04/2026 22:20
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La guerre d’influence que se livrent les grandes puissances pour s’emparer de l’Arctique implique une véritable préparation des soldats de l’Otan pour se battre dans des conditions extrêmes face à la menace russe.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
À portée de missiles russes, des blindés circulent dans l’extrême nord de la Scandinavie. Au sol, des marines américains répètent la guerre. L’OTAN a fixé le scénario. Un ennemi a envahi la Norvège. L’ennemi, on le devine, c’est la Russie. L’exercice mobilise 32 000 soldats venus de 14 pays alliés. Les États-Unis sont présents pour rassurer les partenaires après les menaces de Donald Trump sur le Groenland. « Ça démontre notre détermination à défendre tout pays membre de l’OTAN en cas d’hostilité », assure le Major général Daniel L. Shipley, commandant US Marines en Europe et en Afrique.
L’armée française aussi est en branle-bas de combat. Le Mistral, porte-hélicoptères amphibie, participe à l’exercice. Sur le pont, des appareils sont prêts à décoller. Pour un pilote, les conditions de vol seront délicates. « On a tout ce qui est perte de référence avec la neige, le souffle qui fait lever la neige. C’est comme du sable qui pourrait se lever », indique le Lieutenant Jordane, pilote du 5e régiment d’hélicoptères de combat.
Apprendre à se repérer dans l’immensité gelée, éviter d’atterrir sur des lacs recouverts de neige, aujourd’hui, des appareils français et néerlandais volent ensemble. Mission du jour : détourner l’ennemi pour l’empêcher d’avancer en larguant des hommes au sol. « Ils vont déposer des bides fatigués pour faire croire qu’on est en train de miner le tirage », explique le Capitaine Clément, chef de patrouille Tigre, 5e régiment d’hélicoptères de combat. Atterrissage risqué, la couche de neige est épaisse. Les hommes s’enfoncent. Leur progression sera difficile.
Face à ces grandes manœuvres, Moscou affiche sa présence. « Au moment même où se déroule l’exercice, deux avions militaires russes ont survolé les abords des côtes norvégiennes sans pour autant pénétrer l’espace national. Des avions de chasse norvégiens ont décollé pour les observer. Le message est clair, tout le monde se surveille », détaille Valérie Astruc, envoyée spéciale à bord du porte-hélicoptères amphibie – Mistral (Norvège).
Le commandant du Mistral a été prévenu par l’état-major norvégien. Mourmansk, la grande base militaire russe, n’est pas très loin. « Quand les bateaux russes appareillent de chez eux, ils transitent dans la zone dans laquelle on se trouve. On est capable, parce que ces procédures existent, de se parler pour être sûr qu’on se comprend bien et qu’il n’y a pas de montée de tension par incompréhension. Inévitablement, nous nous croisons », précise le Capitaine de vaisseau Quentin Vieux-Rochas, commandant PHA Mistral.
Des engins de débarquement font des rotations pour déposer des soldats néerlandais, britanniques et français avec 50 kilos sur le dos, de quoi se défendre et survivre par moins 20 degrés. Pour rejoindre la plage de débarquement, trois heures dans la barge sous un vent glacial sont nécessaires.
Après 36 heures à terre, les soldats rejoindront le Mistral. La guerre au Moyen-Orient a obligé la France à réduire la voilure dans le Grand Nord. Mais la menace russe est toujours là, pas question d’être absent.
Source:
www.franceinfo.fr




