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Médecins étrangers : on vous résume la polémique après les propos d'Emmanuel Macron dénonçant "les mabouls" qui veulent "se fâcher avec l'Algérie"

En déplacement lundi dans un hôpital en Ariège, le président de la République s’est agacé que les médecins à diplôme étranger ne puissent pas facilement exercer en France. Il en a profité pour s’attaquer aux partisans d’une ligne dure avec le pouvoir algérien.


Publié le 28/04/2026 13:25

Temps de lecture : 4min

Emmanuel Macron lors d’une visite à l’hôpital du Pays d’Olmes à Lavelanet (Ariège), le 27 avril 2026. (VALENTINE CHAPUIS / POOL / AFP)

Ce sont quelques mots qui font polémique. Lors d’une visite dans l’hôpital de Lavelanet (Ariège), lundi 27 avril, Emmanuel Macron a eu un bref échange avec un médecin originaire d’Oran, en Algérie. Il a alors critiqué le système des praticiens diplômés hors Union européenne (Padhue) qui, selon lui, les empêche d’être titularisés en France. Le président de la République a même lancé : « C’est le bordel. » Il a ensuite épinglé les partisans d’une ligne dure avec le pouvoir algérien, les qualifiant de « mabouls » voulant « se fâcher avec l’Algérie ».

Au 1er janvier 2025, 19 154 médecins, diplômés à l’étranger hors UE et exerçant officiellement en France, étaient inscrits au tableau de l’Ordre des médecins, dont 38,8% diplômés en Algérie. La déclaration faite lundi par Emmanuel Macron a aussitôt suscité les critiques de l’ex-ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, qui en a profité pour dénoncer la politique du gouvernement face à l’Algérie. Franceinfo revient en quatre actes sur cette polémique.

Emmanuel Macron dénonce « les mabouls » voulant « se fâcher avec l’Algérie »

Le point de départ de cette polémique se déroule hors caméra, selon les observations des équipes de France Télévisions sur place. Emmanuel Macron échange avec un médecin originaire d’Oran, en Algérie, exerçant au sein de l’hôpital de Lavelanet (Ariège). Le président qualifie de « bordel » le système des praticiens diplômés hors Union européenne (Padhue). « C’est un truc qui me rend dingue ! C’est la folie du système français », relève-t-il face à ce praticien, en déplorant que cette mesure ne facilite pas l’intégration des médecins étrangers en France, alors qu’ils contribuent à la lutte contre les déserts médicaux.

« C’est des gens remarquables », souligne Emmanuel Macron, mettant en cause les personnes qui prônent « la régulation médicale par l’offre ». « Allez dire après à tous les mabouls qui nous expliquent qu’il faudrait se fâcher avec l’Algérie. Ça, c’est le génie (…) On a un système qui marche sur la tête », lance-t-il en dénonçant une logique administrative qui freine leur intégration.

Les journalistes lui demandent de préciser ses termes

Dès son arrivée en Andorre plus tard lundi après-midi, le président précise sa pensée face aux caméras. Il juge « très important, dans la période qui vient, de ne pas accepter l’esprit de réduction ». « C’est important de pouvoir coopérer avec des pays en ayant un dialogue exigeant, en défendant nos intérêts (…) mais en étant respectueux de chacun », ajoute-t-il. Le président estime que, dans le contexte international, « il faut être loin de toutes les caricatures » et favoriser « le dialogue, avancer, être respectueux » tout en considérant « que pour faire tourner nos services publics, on a parfois besoin de[s] ressortissants [algériens] ».

Des journalistes le relancent sur sa formule sur les « mabouls ». « Je ne vise personne. (…) Je suis dans une approche positive. Je dis qu’on a besoin de ces femmes et ces hommes qui servent le pays », répond Emmanuel Macron, également interrogé sur le fait de viser ou non Bruno Retailleau, partisan d’une ligne très ferme vis-à-vis du pouvoir algérien.

Bruno Retailleau dénonce la politique française vis-à-vis de l’Algérie

Le patron du parti Les Républicains et candidat à l’élection présidentielle réagit rapidement à cette mention par voie de communiqué. L’exemple des médecins étrangers est selon lui un « faux prétexte » ne visant « qu’à dissimuler les vrais problèmes ». « Le problème, ce ne sont pas les médecins algériens mais les centaines d’OQTF dangereux qui n’ont plus rien à faire en France, et que le régime d’Alger refuse de reprendre », estime-t-il.

Puis il poursuit : avec le gouvernement algérien, « la politique des bons sentiments est condamnée à l’échec, et aucune douleur de l’histoire ne donne le droit à ses dirigeants d’humilier et d’insulter la France ». François-Xavier Bellamy, proche de Bruno Retailleau, a également réagi sur X. « Faute d’avoir le courage d’être ferme avec les dirigeants algériens, le président préfère insulter les Français qui refusent de se renier. Plus qu’un an à subir avant que la France puisse à nouveau faire simplement respecter sa parole et ses citoyens », argue le député européen.

L’Elysée répond face à la polémique naissante

Face à la réaction de Bruno Retailleau, l’Elysée se défend et contextualise les propos du président. D’abord sur la forme, l’Elysée explique à France Télévisions qu’il s’agissait d' »un échange oral et informel » et précise que le président se trouvait dans une structure en Ariège fonctionnant avec « environ 80% de médecins étrangers ». L’Elysée affirme également qu’il échangeait avec « une dizaine de médecins étrangers ». C’est lorsque l’un d’eux a affirmé avoir été formé à Oran que, selon l’Elysée, Emmanuel Macron « a fait cette remarque ».

Sur le fond, l’Elysée rappelle que « les Padhue sont des médecins formés hors Union européenne, qui exercent en France de manière encadrée » et souligne qu’ils sont 20 000, « majoritairement à l’hôpital », sur environ 50 000 praticiens hospitaliers. L’Elysée insiste : ces médecins étrangers « sont indispensables à l’accès aux soins », en particulier dans les territoires sous-dotés « sur le plan médical et notamment dans les services en tension ». Les services de la présidence ajoutent que « plus de 70% sont diplômés de cinq pays du bassin méditerranéen : Algérie, Tunisie, Syrie, Maroc, Liban ». L’Elysée rappelle que, à elle seule, l’Algérie « représente près de 40% des effectifs », autrement dit « la moitié des médecins hors UE en France sont originaires du Maghreb ».


Source:

www.franceinfo.fr

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