Les Ecologistes ne se rangeront derrière un candidat autre qu’écologiste à la présidentielle que dans le cadre d’une primaire, affirme la secrétaire nationale du parti, Marine Tondelier, dans un manifeste qu’elle a présenté, jeudi 2 avril, dans la soirée, à Villepinte (Seine-Saint-Denis).
« La seule raison pour laquelle Les Ecologistes se rangeraient derrière une autre candidature qu’écologiste à la Présidentielle serait parce que cette personne aurait gagné la primaire », écrit la cheffe des Ecologistes dans son manifeste pour la primaire, qu’elle a baptisé « Ce que nous vous devons ».
Marine Tondelier, candidate à la présidentielle au sein de cette primaire, défend ce processus de désignation d’un candidat commun de la gauche pour 2027, auquel vont également participer les ex- « insoumis » François Ruffin et Clémentine Autain. Elle souhaite que d’autres partis, dont les socialistes, y participent également.
Si le premier secrétaire du Parti socialiste (PS), Olivier Faure, y est favorable, beaucoup de cadres socialistes la refusent, comme François Hollande ou le président des députés PS, Boris Vallaud, qui plaide pour la désignation interne d’un candidat socialiste, avant de « bâtir une coalition » de gauche qui désignera son candidat sans primaire.
Le coordinateur de la France insoumise (LFI), Manuel Bompard, dans une interview jeudi au Parisien, a de son côté lancé un appel aux Ecologistes et aux communistes pour une « candidature commune » à l’élection présidentielle. « Nous proposons à ceux qui sont restés fidèles au programme du NFP » – l’alliance à gauche pour les législatives de 2024 – « de constituer une nouvelle alliance populaire », a-t-il déclaré, estimant que « Jean-Luc Mélenchon dispos[ait] indéniablement de tous [les] atouts » pour en être le candidat.
« Gauches irréconciliables »
Dans son manifeste de 40 pages, Marine Tondelier fustige « certains chefs de la gauche [qui] spéculent sur la rente que constitue pour eux le concept de “gauches irréconciliables” », et souligne que les électeurs, eux, « votent ensemble et sont un certain nombre à avoir à la fois glissé dans l’urne un bulletin pour Yannick Jadot en 2019, pour Jean-Luc Mélenchon en 2022 puis pour Raphaël Glucksmann en 2024 ».
« On ne peut pas vouloir en finir avec la concentration du pouvoir et, dans le même temps, organiser son propre camp autour d’une figure indiscutable, jamais remise en jeu », écrit-elle encore, dans un tacle qui vise aussi Raphaël Glucksmann, le dirigeant de Place publique, ou Jean-Luc Mélenchon, le leader de La France insoumise, qui refusent toute idée de primaire.
Pour la cheffe des verts, « ceux qui ont peur ou refusent de se présenter devant le suffrage du peuple de gauche avant la catastrophe annoncée de notre dispersion à l’élection présidentielle ne sont pas dignes de s’y présenter ». La primaire fait peur à ceux « qui ont quelque chose à perdre : une place, une rente, une certitude, un contrôle. Elle fait peur à la gauche propriétaire », déplore-t-elle.

Face au risque de l’extrême droite au pouvoir, « ceux et celles qui refuseront cette primaire auront tort. Tort devant l’histoire. Tort devant le pays », insiste Marine Tondelier. L’écologiste en profite pour développer les thèmes qu’elle entend défendre dans le cadre de cette primaire, comme la « prospérité écologique », articulée autour de trois enjeux : « la protection, la réparation et la préparation » de l’avenir.
Source:
www.lemonde.fr




