Le Parlement du Malawi a adopté, le 26 mars 2026, le budget national pour l’exercice 2026/2027, validant un volume de dépenses publiques de 10 978 milliards de kwachas, soit environ 5,45 milliards d’euros. Ce budget, élaboré dans un cadre économique contraint, vise à soutenir la croissance, renforcer les services essentiels et répondre aux déséquilibres macroéconomiques persistants du pays.
Adopté à l’issue de plusieurs semaines de débats parlementaires, le texte a été examiné en détail lors de la phase du Committee Appropriation au cours de laquelle les députés ont validé l’ensemble des 59 postes budgétaires. Présenté par le ministre des Finances, Joseph Mwanamvekha, ce budget entend accélérer la mise en œuvre des programmes publics tout en améliorant l’efficacité de la dépense.
La structure budgétaire accorde une priorité aux secteurs. L’agriculture, pilier de l’économie malawienne, bénéficie de la plus importante allocation, avec 971,3 milliards de kwachas. Le secteur de la santé se voit attribuer 558,07 milliards, tandis que l’éducation reçoit 316,6 milliards. Les infrastructures routières, essentielles à la connectivité économique, mobilisent également des ressources avec 447,1 milliards de kwachas destinés à la modernisation du réseau.
Au-delà des secteurs sociaux, le budget prévoit des financements pour les institutions de sécurité et de gouvernance, notamment les forces de défense, la police et les organes de lutte contre la corruption. Cette orientation traduit la volonté des autorités de consolider la stabilité institutionnelle tout en renforçant les mécanismes de contrôle et de transparence dans la gestion des finances publiques.
L’adoption de ce budget intervient dans un environnement monétaire en évolution. La banque centrale a récemment abaissé son taux directeur de 26 % à 24 %, à la faveur d’un ralentissement progressif de l’inflation, revenue à 24,9 % en janvier 2026 contre 29,2 % fin 2024. Cet assouplissement vise à soutenir l’activité économique, bien que les marges de manœuvre restent limitées.
Malgré ces ajustements, l’économie malawienne demeure confrontée à des contraintes structurelles importantes. La croissance, estimée à 2,4 % en 2025 selon le Fonds monétaire international, reste inférieure au rythme de la croissance démographique. À cela s’ajoutent un niveau d’endettement élevé dépassant 88 % du PIB, des déficits budgétaires persistants et des tensions récurrentes sur les réserves en devises et l’approvisionnement en carburant. Autant de défis qui conditionneront l’exécution effective de ce budget et la trajectoire économique du pays.
Source:
www.financialafrik.com




