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“Maison des marées” : l’héritage de Kenneth White clarifié, sans lever toutes les inquiétudes

Cette prise de parole intervient alors que, depuis plusieurs semaines, le devenir de la maison de Trébeurden – cœur de l’œuvre du géopoète – et de ses collections alimentait débats, inquiétudes et mobilisation.

Une réponse directe aux controverses

Le communiqué adopte un ton ferme face aux critiques. « Aucune erreur administrative n’a été commise dans la dévolution successorale des époux White », est-il précisé, ajoutant que toute affirmation contraire serait « diffamatoire ».

Ces clarifications visent à répondre aux nombreuses interrogations nées de la complexité juridique du dossier. L’instruction de la succession avait en effet révélé des difficultés liées au régime matrimonial du couple, remettant en cause le legs initial à la commune et ouvrant une phase d’incertitude.

Finalement, après le décès de Marie-Claude White, la maison a été transmise à deux légataires, avant qu’Emmanuel Dall’Aglio, qui seul a accepté la succession, ne propose d’en faire don à la Ville de Trébeurden – une donation acceptée par le conseil municipal. Mais ce don, contrairement au legs initial, est dépourvu de toute condition juridique, ce qui laisse à la commune une plus grande liberté quant à l’avenir du lieu.

La maison conservée, la bibliothèque préservée

Le communiqué apporte plusieurs garanties concrètes. La Ville « accepte le legs de la maison du couple », et « toutes les mesures seront prises pour protéger » le lieu « de la dégradation et de tous les risques de déprédation ».

Autre point sensible : la bibliothèque de travail de Kenneth White, dont la possible dispersion avait suscité de vives réactions. Le texte dément catégoriquement cette hypothèse : « Il n’a aucunement été question de disperser la bibliothèque. »

Un inventaire doit être engagé afin d’assurer « conservation, archivage et mise à disposition aux chercheurs ». Une orientation qui répond directement aux craintes exprimées par les signataires d’une pétition, portée par l’Institut international de géopoétique, fondé par Kenneth White en 1989, pour qui dissocier la maison de son contenu reviendrait à en « vider le sens ».

Une nouvelle association

Le communiqué insiste également sur l’usage des moyens financiers issus de la succession. La somme de 60.000 €, provenant d’une assurance-vie, sera « entièrement dédiée à la promotion de la vie et de l’œuvre de Kenneth White et du travail de traduction de Marie-Claude White », assure le légataire.

Surtout, une nouvelle structure est désormais en place : l’association « Monde ouvert, l’itinéraire de Kenneth White ». Elle réunit « des proches du couple, des spécialistes de son œuvre, des personnalités du monde des lettres et des sciences, des universitaires… », avec le soutien de la Ville, membre de droit. Emmanuel Dall’Aglio en est le premier président.

Cette association doit jouer un rôle central dans les projets à venir, notamment l’organisation « de plusieurs événements annuels en l’honneur de Kenneth White ».

Un lieu encore en question

Si le communiqué se veut rassurant, il ne tranche pas totalement la question du devenir précis de la maison. Jusqu’ici, la municipalité évoquait la possibilité d’une vente, soulignant les contraintes du site, tout en mentionnant un « engagement moral » de valorisation de l’œuvre.

Le texte publié aujourd’hui évoque, lui, un horizon plus culturel : « Un espace dédié à son œuvre verra le jour à terme dans la commune », conformément aux souhaits de l’auteur. Reste que la nature exacte de cet espace – dans la maison elle-même ou ailleurs – n’est pas précisée.

L’enjeu dépasse largement la seule question patrimoniale. Installé en Bretagne, Kenneth White a fait de Trébeurden un point d’ancrage majeur de sa pensée géopoétique. Sa maison, souvent décrite comme un « atelier atlantique », constitue pour ses défenseurs un lieu de création et de recherche indissociable de son œuvre.

Certains rappellent ainsi que « vendre Gwenved [« Maison des marées », surnom de l’habitation, NdR] serait rompre l’engagement moral et mémoriel conclu par la commune du vivant de Kenneth White ».

Face à ces attentes, le communiqué trace une ligne : apaiser les tensions, sécuriser le patrimoine, et structurer un projet culturel à plus long terme. Après une période d’incertitude, une nouvelle phase s’ouvre donc pour l’héritage White. Reste à voir comment ces engagements se traduiront concrètement sur le terrain.

Sollicité par ActuaLitté, Emmanuel Dall’Aglio n’a pas répondu à nos questions portant notamment sur l’avenir précis de la maison, la nature du projet d’espace dédié à l’œuvre et l’organisation de l’inventaire de la bibliothèque.

Crédits photo : le jeune Kenneth White (Marie-Claude White — Travail personnel / Revue Lisières, CC BY-SA 4.0)

 

 

Par Hocine BouhadjeraContact : hb@actualitte.com


Source:

actualitte.com

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