Les députés socialistes voteront contre la proposition de loi de la députée Caroline Yadan visant à lutter contre les « formes renouvelées de l’antisémitisme », a annoncé le premier secrétaire du Parti socialiste (PS), Olivier Faure, mardi 7 avril. La décision, a-t-il précisé, a été prise dans la matinée « à la quasi-unanimité ».
Les socialistes s’inquiètent du « flou juridique » autour du texte, qui « loupe sa cible » et instaure une « essentialisation entre les juifs de France et l’Etat d’Israël », a détaillé auprès de l’Agence France-Presse (AFP) l’un des porte-parole du groupe, Romain Eskenazi. Deux membres du PS font toutefois partie des cosignataires de ce texte : le député de l’Essonne, Jérôme Guedj, et l’ancien président François Hollande, député de Corrèze.
Le texte élargit le délit d’apologie du terrorisme et crée un délit d’appel à la destruction d’un Etat. Selon ses détracteurs, il est un danger pour la liberté d’expression, car il rendrait plus difficile la critique d’Israël et de sa politique.
Porté par la députée (Ensemble pour la République) des Français de l’étranger basés notamment en Israël, Caroline Yadan, il entend répondre à « l’explosion des actes antisémites » et ses « formes renouvelées » depuis les attaques du 7 octobre 2023 par le Hamas sur le sol israélien.
Une pétition appelant les députés à voter contre ce texte a été lancée le 18 février par un demandeur d’emploi de 26 ans sur le site de l’Assemblée. Mardi, en début d’après-midi, elle approchait le seuil de 500 000 signatures, à un rythme qui s’est accéléré ces derniers jours.
« Sursaut de mobilisation »
Le groupe de La France insoumise (LFI) a demandé mardi le retrait du texte de l’agenda ou, à défaut, que la pétition soit débattue avant l’examen de la PPL, prévu les 16 et 17 avril. « Nous demandons – ce serait le minimum du respect – que cette pétition soit examinée à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale avant l’examen du texte », a déclaré la députée (LFI) Gabrielle Cathala en conférence de presse.
La parlementaire a estimé que « l’acharnement policier, politique et médiatique » contre l’eurodéputée franco-palestinienne Rima Hassan, placée en garde à vue le 3 avril et jugée en juillet pour apologie du terrorisme, avait provoqué un « sursaut de mobilisation ».
De son côté, le groupe MoDem, soutien du gouvernement, a suggéré à ce dernier de retirer temporairement le texte de l’ordre du jour. « La situation géopolitique n’est pas apaisée. Or, sur ce type de texte, on a besoin d’apaisement et (…) de pouvoir prendre un petit peu de recul, donc nous sommes très réservés », a déclaré en conférence de presse la porte-parole du groupe, Perrine Goulet, proposant un « retrait temporaire » de la proposition de loi.
Source:
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