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Librairie : à Nice, Les Parleuses referment un chapitre de huit années engagées

« Après huit extraordinaires années remplies de merveilleuses rencontres et d’enthousiasmes littéraires, de nouveaux projets nous emmènent ailleurs », annoncent les fondatrices, évoquant un tournant de vie plutôt qu’un renoncement. Pour clore cette aventure, elles donnent rendez-vous une dernière fois à leur public, promettant « un roman inoubliable » et une soirée faite d’embrassades et de gratitude.

Un lieu de vie autant que de livres

Installées dans un ancien bistrot du centre de Nice, Anouk Aubert et Maud Pouyé sont toutes deux issues de l’Éducation nationale – l’une conseillère principale d’éducation puis proviseure adjointe, l’autre également passée par l’enseignement -, elles avaient choisi de se reconvertir pour créer un lieu mêlant café et librairie, nourri d’échanges et de rencontres.

Les Parleuses tiraient leur nom du livre d’entretiens entre Marguerite Duras et Xavière Gauthier, et affirmaient dès l’origine une ligne éditoriale marquée, notamment autour des questions féministes et de genre. Le lieu, d’une superficie modeste, se déployait en deux espaces : d’un côté, une librairie-café dédiée aux adultes, de l’autre, de l’autre côté de la rue, un espace jeunesse entièrement consacré aux enfants.

Rencontres d’autrices, débats, lectures : la programmation régulière participait à faire de cette librairie un point d’ancrage culturel et militant dans une ville où, selon ses fondatrices, ce type d’engagement restait minoritaire.

Une librairie engagée, au cœur d’une affaire nationale

Cette dimension militante a trouvé un écho particulier en décembre 2022, lors d’un épisode qui a largement dépassé le cadre local. À l’occasion de la venue à Nice du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, la librairie avait affiché en vitrine des messages dénonçant les violences faites aux femmes, en lien avec la présentation du livre Impunité d’Hélène Devynck.

Très rapidement, les forces de l’ordre étaient intervenues, allant jusqu’à recouvrir entièrement la vitrine d’un rideau noir. Une décision vécue comme une censure par les libraires, qui avaient saisi la justice.

Plus de trois ans après les faits, le tribunal administratif de Nice a finalement donné raison aux fondatrices. Il a jugé l’occultation comme « une décision illégale d’atteinte à la liberté d’expression », estimant notamment qu’aucun trouble à l’ordre public ne justifiait une telle intervention.

Si l’État a été condamné à verser des indemnités – pour perte d’activité et « préjudice moral et réputationnel » -, la décision a surtout marqué une reconnaissance du rôle des librairies comme espaces d’expression. « Le juge administratif a affirmé la nécessité de protéger les librairies et considère que celles-ci sont les gardiennes de la démocratie », soulignait leur avocate.

Le 13 mai, la fermeture prendra ainsi des allures de célébration, fidèle à l’esprit du lieu. « On vous fait découvrir un roman inoubliable, on s’embrasse, on se dit au revoir […] mais surtout on vous dit MERCI ! »

Contactées par ActuaLitté afin de préciser les raisons de cette fermeture, les perspectives de reprise du lieu et la suite éventuelle de leur engagement dans le monde du livre, Anouk Aubert et Maud Pouyé n’avaient pas encore répondu à nos sollicitations au moment de la publication.

Photographie : La librairie Les Parleuses, en décembre 2022

Par Hocine BouhadjeraContact : hb@actualitte.com


Source:

actualitte.com

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