« Nous n’avons reçu que 94 millions de dollars sur les 308 millions que nous avions sollicités lors du récent appel d’urgence. Nous avons un besoin urgent de financements supplémentaires pour maintenir et intensifier nos opérations », a dit le porte-parole, Stéphane Dujarric, lors d’un point de presse.
L’ONU et ses partenaires humanitaires continuent de faire tout leur possible pour protéger les populations et leur venir en aide, a-t-il précisé.
« Nous apportons un soutien psychosocial à des milliers d’enfants et à leurs tuteurs. Par ailleurs, nous œuvrons au regroupement des familles et sensibilisons la population aux dangers que représentent les engins non explosés », a-t-il ajouté.
Le Coordonnateur des secours d’urgence de l’ONU, Tom Fletcher, écoute une femme déplacée par le conflit à Beyrouth, au Liban.
Visite du chef de l’humanitaire de l’ONU
Le Coordonnateur des secours d’urgence des Nations Unies, Tom Fletcher, effectue cette semaine une visite au Liban.
« Il a pu constater de visu les effets dévastateurs du conflit dans lequel le Liban a été entraîné sur la situation humanitaire du pays. Il a visité un centre d’hébergement collectif et s’est entretenu avec des familles déplacées ainsi qu’avec des secouristes, notamment du personnel de la Croix-Rouge libanaise et des équipes d’ambulanciers », a précisé M. Dujarric.
M. Fletcher s’est également rendu à la frontière entre le Liban et la Syrie. Plus de 200 000 personnes ont traversé la frontière, du Liban vers la Syrie, depuis le début de l’escalade militaire.
Le chef de l’humanitaire de l’ONU a rencontré des familles qui ont choisi de quitter le Liban pour retourner en Syrie. « Nombre d’entre elles lui ont fait part de leur détermination à regagner leurs communautés et à contribuer à la reconstruction de leur pays », a dit le porte-parole du Secrétaire général.
À l’issue de sa visite au Liban, Tom Fletcher se rendra en Syrie, où il sera rejoint par l’Administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Alexander De Croo. Cette visite conjointe a pour but de souligner la nécessité de passer d’une réponse humanitaire à une phase de développement, de relèvement et de reconstruction.
Conjointement avec le gouvernement syrien, M. Fletcher et M. De Croo participeront au lancement du Plan de réponse humanitaire de cette année.

Des articles de secours sont déchargés d’un avion à Beyrouth, au Liban.
Les femmes enceintes en fuite face à de graves risques
Parmi les dizaines de milliers de personnes qui ont fui le Liban vers la Syrie depuis début mars, environ 3.100 sont des femmes enceintes, a indiqué l’agence des Nations Unies chargée des questions de santé sexuelle et reproductive (UNFPA). Parmi elles, 350 devraient accoucher dans le mois à venir, souvent sans accès à des soins adéquats.
Installées dans des abris surpeuplés et précaires, ces familles manquent de nourriture, de médicaments et de services d’assainissement. Les femmes et les filles sont particulièrement exposées aux violences basées sur le genre.
« Nous ne pouvons détourner le regard », a averti Enshrah Ahmed, représentante de l’UNFPA en Syrie. L’agence a besoin de 45 millions de dollars pour intensifier son aide d’urgence.
39 sites culturels placés sous protection renforcée
De son côté, l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) a annoncé mercredi le placement de 39 biens culturels libanais sous « protection renforcée », à l’issue d’une réunion extraordinaire du Comité pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé. Cette décision fait suite à une demande du Liban.
Ces sites bénéficieront désormais du plus haut niveau de protection juridique internationale contre toute attaque ou utilisation à des fins militaires. Toute violation pourrait constituer une infraction grave à la Convention de La Haye de 1954 et à son Deuxième Protocole de 1999, engageant potentiellement la responsabilité pénale des auteurs.
« Le patrimoine culturel doit être protégé. Il constitue l’épine dorsale de l’identité, de la confiance et de l’espoir des peuples », a déclaré Lazare Eloundou Assomo, Sous-Directeur général pour la culture par intérim. Selon lui, sa destruction fragilise la cohésion sociale et compromet les perspectives de paix.
Parallèlement, l’UNESCO poursuit ses efforts pour sécuriser les collections archéologiques et muséales en coopération avec les autorités libanaises. Grâce à une surveillance satellitaire menée avec UNOSAT, des dommages ont déjà été confirmés dans la ville historique de Tyr, inscrite au patrimoine mondial.
Source:
news.un.org




