Cette découverte a eu lieu au milieu de l’année 2022, mais si vous êtes passé à côté, elle mérite vraiment qu’on s’y arrête. Pour la première fois dans l’histoire médicale, une femme originaire du sud-est de la Nouvelle-Galles du Sud a été infectée par Ophidascaris robertsi, un ver parasite que l’on retrouve habituellement dans les pythons tapis australiens. Le cas a été documenté et publié dans le journal Emerging Infectious Diseases, édité par les Centers for Disease Control and Prevention américains, et signalé officiellement par les Canberra Health Services le 11 août 2023.
Un an de souffrance avant le diagnostic
Tout commence en janvier 2021. La patiente consulte pour des douleurs abdominales, une toux sèche persistante et des sueurs nocturnes. Ses analyses sanguines révèlent un taux d’éosinophiles – des globules blancs impliqués dans les réactions immunitaires contre les parasites – environ 20 fois supérieur à la normale.
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Les scanners montrent des lésions sur les poumons, le foie et la rate. Les médecins diagnostiquent une pneumonie à éosinophiles d’origine inconnue et prescrivent des corticoïdes, puis des immunosuppresseurs, puis des anticorps monoclonaux. Les tests pour les parasites courants (échinocoque, fasciola, schistosome) reviennent tous négatifs.
En 2022, trois nouveaux symptômes apparaissent :
Des troubles de la mémoire progressifs.Une dépression qui s’aggrave.Une lésion de 13 × 10 mm détectée au niveau du lobe frontal droit par IRM.
En juin 2022, les chirurgiens ouvrent le crâne pour biopsier cette lésion. À l’intérieur, ils trouvent une structure filamenteuse rouge vif, vivante et mobile : un ver nématode de 80 mm de long, pour 1 mm de diamètre.

Les médecins ont découvert ce ver parasite rare, normalement présent chez les pythons, qui vivait dans le cerveau d’une femme de 64 ans. Une première mondiale qui souligne les risques méconnus des parasites animaux pour l’Homme. © Gorodenkoff, iStock
Un parasite de python dans un cerveau humain : comment est-ce possible ?
Les analyses PCR menées conjointement par l’université de Sydney et l’université de Melbourne confirment l’identité du parasite avec plus de 99,7 % de correspondance : il s’agit bien d’une larve au troisième stade d’Ophidascaris robertsi. Ce ver nématode vit normalement dans l’estomac et l’œsophage du python tapis (Morelia spilota). Ses œufs sont excrétés dans les fèces du serpent, puis ingérés par de petits mammifères. Le cycle se termine quand le python mange l’hôte intermédiaire infecté.
La patiente n’avait jamais touché de serpent. Mais elle récoltait régulièrement des « warrigal greens » (Tetragonia tetragonioides), une plante sauvage comestible, au bord d’un lac fréquenté par des pythons. Les chercheurs estiment qu’elle a ingéré des œufs du parasite via la végétation contaminée, ou par contact indirect avec des ustensiles de cuisine souillés.

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Les larves d’Ophidascaris peuvent survivre plusieurs années dans les tissus d’un hôte animal. Des rats de laboratoire infectés ont hébergé ces larves plus de quatre ans. Chez cette patiente, le traitement immunosuppresseur prescrit pour ses symptômes pulmonaires a probablement facilité la migration du ver vers le système nerveux central, une invasion jamais documentée jusqu’ici pour cette espèce.
Après l’opération, la patiente a reçu de l’ivermectine et de l’albendazole pour éliminer d’éventuelles larves résiduelles dans d’autres organes. Six mois plus tard, ses taux d’éosinophiles étaient revenus à la normale et les lésions pulmonaires avaient régressé. Les troubles neuropsychiatriques, eux, persistaient encore partiellement.
Ce cas illustre à quel point la vigilance s’impose lors de la cueillette sauvage en zones naturelles, un lavage minutieux des plantes récoltées à proximité de reptiles reste une précaution simple, mais potentiellement décisive.
Source:
www.futura-sciences.com





