« Les trafiquants n’ont pas tardé à y voir un avantage, leur profil moins associé à la délinquance et à la criminalité organisée diminuant d’autant le risque de contrôle sur la voie publique », analyse le service d’information, de renseignement et d’analyse stratégique sur la criminalité organisée.
Publié le 10/04/2026 14:33
Mis à jour le 10/04/2026 15:17
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De l’organisation de convois de stupéfiants à la poursuite des activités d’un conjoint incarcéré, les femmes ne sont plus cantonnées à des rôles subalternes au sein de la criminalité organisée. Les organisations criminelles diversifient et étendent leurs stratégies de recrutement, ciblant de plus en plus les femmes et les mineurs, relève le service d’information, de renseignement et d’analyse stratégique sur la criminalité organisée (Sirasco) du ministère de l’Intérieur, dans un rapport consulté par l’AFP vendredi 10 avril.
« Le recrutement via les réseaux sociaux de livreurs pour les centrales d’appel a contribué à féminiser la vente de stupéfiants (…) Les trafiquants n’ont pas tardé à y voir un avantage, leur profil moins associé à la délinquance et à la criminalité organisée diminuant d’autant le risque de contrôle sur la voie publique. »
Le service d’information, de renseignement et d’analyse stratégique sur la criminalité organiséedans un rapport consulté par l’AFP
La digitalisation a également permis d’étendre géographiquement le vivier de recrutement, et celui des jeunes en particulier. Ils sont notamment « impliqués de plus en plus fréquemment dans les affaires d’enlèvements et de séquestrations », relève le rapport.
La multiplication des conflits entre trafiquants locaux fait « apparaître de nouveaux profils d’équipes composées de jeunes plus faiblement rétribués, facilement remplaçables et mobiles, recrutés directement parmi la main-d’œuvre habituelle du point de deal ou via des petites annonces sur les réseaux sociaux dans la France entière ».
En 2024, 24% des enquêtes élucidées impliquent des jeunes tueurs âgés de moins de 20 ans, avec « une surreprésentation des régions Sud et Sud-Est (Marseille, Nîmes, Montpellier, Valence notamment) ». Pour les trois premiers trimestres de 2025, ils représentent 28% des auteurs.
« La digitalisation a largement favorisé la rencontre entre l’offre et la demande de biens et de services criminels », résumait jeudi lors d’une conférence à Marseille Annabelle Vandendriessche, cheffe du Sirasco, « puisque ce qui nécessitait auparavant de détenir un certain nombre de contacts permettant d’avoir accès à des réseaux proposant stupéfiants, armes, faux papiers, fichiers de police (…) est aujourd’hui à la portée de tout un chacun ».
La digitalisation favorise en outre « la division des tâches », dit-elle, « et surtout, dans l’intérêt des organisations, le cloisonnement entre commanditaire, intermédiaire, recruteur et petite main exécutante ».
Source:
www.franceinfo.fr




