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Les brèves critiques du « Monde des livres » : Paul Celan, Maurice Pons, Martine Reid, Colombe Schneck…

Neuf romans, un recueil de nouvelles, un de poésie, deux essais littéraires, un de philosophie, un de sociologie, un beau livre de graphisme, un de photo, un autre de botanique… Voici les brèves critiques de 18 ouvrages notables en cette quatorzième semaine de l’année.

Poésie. « Poèmes de Czernowitz », de Paul Celan

Paul Celan (1920-1970) a beau figurer parmi les poètes germanophones les plus importants du XXe siècle, il n’est souvent connu qu’à travers Fugue de mort (1948), sans doute l’un des chants funèbres les plus pénétrants sur la Shoah. Si la mémoire tout comme l’oubli d’Auschwitz et du massacre des juifs – ses deux parents périrent dans des camps, assassinés par les complices roumains des nazis – occupent la place centrale de son œuvre, l’inspiration érotique et lyrique y a aussi sa part, chez un homme à la fois douloureux et séduisant qui eut de nombreuses aventures, notamment avec la poète autrichienne Ingeborg Bachmann (1926-1973).

Le montre à l’envi Poèmes de Czernowit, ses « premiers poèmes », publiés en 1985 mais écrits entre 1938 et 1945, date où il quitte, en orphelin, sa ville natale de Czernowitz (aujourd’hui Tchernivtsi, en Ukraine) pour gagner Bucarest avant de s’installer, après être passé par Vienne, à Paris, où il avait commencé des études de médecine avant la guerre. Même si certaines pièces feront leur chemin dans des recueils ultérieurs, Celan en avait réuni 97 dans un « petit carnet de cuir noir » qui constitue la base de cette édition. Ce manuscrit était destiné à son amie du moment, la comédienne autrichienne Ruth Kraft, et le traducteur Jean-Pierre Lefebvre l’appelle non sans humour le « Manuscrit de 1944 » dans une double allusion aux textes inédits du jeune Karl Marx remontant à un siècle plus tôt et à la date où le poète consigna ses textes, marqués par cette expérience amoureuse.

Beaucoup furent dédiés à Ruth Raft et envoyés depuis le camp de travail de Tabaresti, en Moldavie, où Celan fut détenu. Ainsi « Souvenir » évoque-t-il celle dont l’amant est séparé : « Comment étaient les mains ? Je ne m’en souviens plus./ Elles allaient prendre les tulipes. Avaient trouvé l’endroit. Jusqu’à ce que ces tulipes fussent prises d’un tremblement./ Elles reprirent apeurées le chemin de la nuit./ Mon cœur veille depuis auprès de ces tulipes./ Mais je ne me souviens plus du jeu de leurs doigts. »

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Source:

www.lemonde.fr

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