L’économie de guerre des écrivains ! Créons le statut d’intermittents de l’écrit
Le concept est simple : calquer le statut d’intermittents de l’écrit sur le statut d’intermittents du spectacle. On parle d’une révolution culturelle ! Sans mauvais jeu de mot. Les auteurs sont en économie de guerre toute l’année, toute leur Vie ! Qui s’en préoccupe ?
Ce statut permettra d’avoir un revenu mensuel garanti, en dehors des droits d’auteurs irréguliers et pas assez conséquents pour vivre de ce métier d’écrivain. Sorte de revenu universel culturel, pour la création. Les auteurs doivent avoir un second emploi – alors qu’écrire est une vocation, un métier en soi – contrairement aux intermittents du spectacle qui se concentrent sur leur seul et unique métier car ils ont un revenu minimum mensuel garanti.
De nombreux auteurs sont au RSA (comme les agriculteurs), sous le seuil de pauvreté. Autant leur créer un statut d’intermittents de l’écrit avec un minimum garanti mensuel, et par ce biais leur apporter une reconnaissance. De nombreux auteurs vivent à crédit, empruntent ici et là, crédit à la consommation, crédit renouvelable, ils s’endettent… comme la France ! Mais justement au prix de leur vocation, de leur valeur.
De nombreux auteurs sont obligés de travailler par intermittence (quand ils trouvent du travail) dans d’autres domaines qui n’ont rien à voir avec l’écrit et les livres. Tout comme les agriculteurs nous nourrissent, les auteurs nourrissent l’esprit de leurs concitoyens. Leur apporte un moment de réflexion, d’imagination, de bonheur, de loisir…
HUMEUR – “Auteurs, renversons les tables de dédicaces !”
Les auteurs font vivre de nombreux salariés de l’édition, bibliothèques, librairie, diffusion, distribution, imprimeurs, producteurs, cinémas, journalistes… Toutes ces personnes vivent grâce aux livres : mais pas les auteurs ! Si demain il n’y a plus de livres, de nombreuses personnes se retrouveront au chômage. Les auteurs via leurs écrits génèrent des capitaux financiers conséquents dans l’économie française.
Les auteurs font partie du patrimoine culturel Français et génèrent beaucoup de joie et culture, d’éducation et d’esprit critique auprès des familles, enfants, adultes, lecteurs, lectrices… qui empruntent leurs livres en bibliothèque et les achètent en librairie ou en ligne. Les auteurs sont célébrés au Festival du Livre à Paris, dans la presse et ailleurs mais on ne se préoccupe pas de leur quotidien. Le livre devient un objet en soi, un produit (quasi financier). Son origine n’a pas d’importance.
Son histoire n’intéresse personne. On ne parle jamais de la situation des auteurs. De leur condition de Vie. Seulement de leurs livres. Depuis la loi du prix unique du livre, et ça date,1981, et le statut d’intermittents du spectacle, il n’y a eu aucun autre projet de loi autour de la Culture aussi crucial que ce Statut d’intermittents de l’écrit : une loi qui va de soi, logique & sensée, et elle marquera une époque.
Il y a des milliers de personnes qui oeuvrent dans l’ombre pour la Culture, et ici en l’occcurence la littérature, et ne sont pas prises en compte. Le statut d’intermittents du spectacle n’a pas vu le jour en un jour, le statut d’intermittents de l’écrit empruntera le même chemin escarpé & accidenté.
Les mauvaises langues vont parler du déficit et de la dette de la France, pourtant si on a pu créer le statut d’intermittents du spectacle, on pourra créer le statut d’intermittents de l’écrit qui en soi ne sera pas très onéreux. D’ailleurs le RSA des nombreux auteurs qui ne le toucheront donc plus et bénificieront à la place de ce statut, viendrait en quelques sortes équilibrer la création du statut.
Mais quoiqu’il en soit, pour le domaine de la Culture, on ne devrait pas compter ! Cette loi, dont le statut protègera les auteurs au sens large mais aussi tous les métiers indépendants de l’écrit, du livre et de l’édition comme les traducteurs littéraires, correcteurs et illustrateurs qui travaillent avec des éditeurs, sera une grande justice sociale, une reconnaissance du travail accompli et de l’importance du rôle joué par les auteurs dans le paysage culturel Français.
Et ce sera une première Européenne et mondiale. Statut qui pourrait d’ailleurs devenir Européen. Une loi qui devrait être votée à l’unanimité par tous les députés, peu importe leur bord politique. Vous imaginez la portée symbolique & politique de cette loi ! Une opportunité de remettre le social au cœur du sujet sociétal. Ce statut a tellement de sens, de logique, on se demande pourquoi aucun ministre de la Culture n’en a eu l’idée avant. C’est comme d’habiture, les bonnes idées doivent venir du terrain !
J’ai donc entamé la discussion avec des députées qui s’intéressent à ce projet de loi. Elles en ont d’ailleurs parlé à l’ancienne ministre de la culture qui a botté en touche, manque de vision ! Et entre temps il y a eu la dissolution… La discussion se poursuivra-t-elle ou devra- t-on attendre 2027… Je vous en parlerai dans un prochain épisode (article).
Je vais d’ici là proposer mon projet de lois aux candidats à la présidentielle, qu’ils l’ajoutent dans leur programme ! Il est temps de créer le statut d’intermittents de l’écrit pour que les écrivains ne soient plus en économie de guerre (de galère!) mais en économie de création !
Mathias de Breyne, écrivain en économie de guerre
Crédits photo : Réalité sortie de secours, par Marc Antoine Mathieu (Angoulême) – ActuaLitté, CC BY SA 4.0
Par Auteur invitéContact : contact@actualitte.com
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