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Les archives de Roger Nimier données à la Bibliothèque littéraire Jacques-Doucet

Disparu de manière précoce à l’âge de 36 ans dans un accident de voiture, Roger Nimier survit par son œuvre, qui fait toujours l’objet d’une admiration dévouée de lecteurs et d’écrivains. Il reste en effet une figure centrale du mouvement des « Hussards », qui n’en était pas vraiment un, rappelle la Bibliothèque littéraire Jacques-Doucet.

« C’est plutôt son hostilité à l’existentialisme qui fait l’unité du groupe », commente ainsi l’institution, en indiquant que, « dans l’ambiance moralisatrice et accusatoire de l’épuration », le jeune Roger Nimier se tourne vers des figures de la collaboration avec l’occupant nazi, Jacques Chardonne et Paul Morand.

Son œuvre littéraire, produite en une poignée d’années, est « marquée par un style incisif, haché, elliptique (Les Épées, Le Hussard bleu) et attentive aux relations humaines — amicales et sentimentales — parmi les générations des deux guerres (Les Enfants tristes, Histoire d’un amour) ». Des sujets et choix esthétiques qui ne sont pas sans rappeler ceux de la Nouvelle Vague, au cinéma.

Parallèlement à cette activité de romancier, Roger Nimier est critique, conseiller littéraire pour les éditions Gallimard, mais aussi scénariste pour le cinéma, avec Michelangelo Antonioni (Les Vaincus, 1953), Louis Malle (Ascenseur pour l’échafaud, 1958) et Robert Siodmak (L’Affaire Nina B., 1961).

Manuscrits et correspondance

Une certaine urgence a donc présidé le parcours créatif de Roger Nimier, de son vivant, mais ses archives ont trouvé un abri paisible au sein de la Bibliothèque littéraire Jacques-Doucet (BLJD), située dans le 5e arrondissement de Paris.

3 mètres linéaires de documents ont en effet été donnés par les deux enfants de Roger Nimier, l’écrivaine Marie Nimier, et le médecin Martin Nimier.

Ces archives contiennent deux manuscrits littéraires autographes de romans (Histoire d’un amour, 1953, et D’Artagnan amoureux, 1962), des nouvelles, des projets de scénario (La Chevalière, Les Grandes Personnes), de très nombreux manuscrits d’articles, dont ceux recueillis dans Journées de lecture, une abondante correspondance adressée et reçue (avec Beatrix Becq, Madeleine Chapsal, Bernard de Fallois, Paul Guimard, Paul Morand, Henri Mosseri, Jacques Perret), ainsi que des coupures de presse.

Pour la BLJD, accueillir ces archives ouvre de nouvelles perspectives au sein des collections, en explorant plus avant l’héritage des « Hussards », puisque l’institution possédait déjà des lettres de Roger Nimier à Marcel Arland, Marcel Jouhandeau, André Malraux, François Mauriac, Alexandre Vialatte ou encore Louise de Vilmorin.

Un nouveau départ pour la BLJD

Constituée par Jacques Doucet (1853-1929) sur les conseils d’André Suarès et avec la contribution d’André Breton, premier bibliothécaire, d’Aragon, de Robert Desnos et de Marie Dormoy, la BLJD a été léguée à l’université de Paris en 1929. Elle partage depuis 1932 ses locaux avec la Bibliothèque Sainte-Geneviève, place du Panthéon.

L’institution conserve des manuscrits, correspondances, carnets et autres archives littéraires, mais aussi des livres rares et précieux et des œuvres d’art. Le don des archives de Roger Nimier permet à l’établissement de reprendre « pleinement son rang parmi les plus importants fonds d’archives pour la littérature d’expression française moderne et contemporaine », assure son directeur, Julien Donadille.

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Placée sous la tutelle de l’université Sorbonne Nouvelle (Paris III) le 1er septembre 2025, la BLJD a été rouverte aux chercheurs et chercheuses en septembre 2023 après une longue fermeture administrative et plusieurs mois d’administration provisoire. Des mesures qui suivaient des « irrégularités dans le traitement des documents » et des soupçons de vols et de recels.

Une audience doit avoir lieu le 17 avril prochain au tribunal correctionnel de Paris, dans le cadre du procès de Marie-Christine J., accusée de recel d’œuvres rares issues de la bibliothèque Jacques-Doucet.

Photographie : Bibliothèque littéraire Jacques-Doucet

 

Par Antoine OuryContact : ao@actualitte.com


Source:

actualitte.com

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