« N’interrompez jamais un ennemi qui est en train de faire une erreur. » Les unes de l’hebdomadaire britannique The Economist ne manquent jamais d’acuité. Celle de son édition du 4 avril reprend la maxime attribuée à Napoléon Bonaparte pour évoquer l’attitude de la Chine depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Tandis que Donald Trump s’égosille sur sa plateforme Truth Social, semant le doute sur la cohérence de la stratégie américaine, Xi Jinping observe. Et apprend de son adversaire. « Beaucoup de Chinois estiment que cette guerre accélérera le déclin de l’Amérique », juge The Economist.
Au début de l’offensive américano-israélienne en Iran, le 28 février, les analystes occidentaux se sont empressés de souligner les vulnérabilités de la Chine. Il est vrai que 57 % de ses importations de pétrole proviennent de la région du Golfe, ainsi qu’un tiers de son GNL. C’est oublier qu’elle travaille depuis des décennies à renforcer son autonomie stratégique dans à peu près tous les domaines. Grâce à cela, son économie pourrait, à plus d’un égard, être la grande gagnante de la guerre au Moyen-Orient, susceptible de renforcer son statut de grande puissance.
Ces derniers mois, l’empire du Milieu a accéléré ses achats d’or noir afin de se constituer des réserves stratégiques – celles-ci s’élèvent aujourd’hui à environ 1,3 milliard de barils, l’équivalent de quatre mois d’importations –, et il continue d’acheter du pétrole russe à moindre coût, avec des contrats à long terme. De plus, « il a développé une capacité de raffinage si importante au cours des deux dernières décennies qu’il produit désormais plus de carburants raffinés qu’il n’en consomme », explique Alicia Garcia Herrero, cheffe économiste pour la région Asie-Pacifique chez Natixis à Hongkong. Ce qui réduit sa dépendance à l’étranger en la matière.
D’autant que, du fait de ses investissements massifs dans le nucléaire, le solaire et l’éolien, l’électricité représente aujourd’hui 30 % de sa consommation énergétique, soit environ 50 % de plus qu’aux Etats-Unis et en Europe, souligne un article du Financial Times publié le 31 mars. Résultat : la Chine est en mesure de supporter les perturbations liées au confit plusieurs mois, tout en étant relativement mieux protégée des fluctuations mondiales des prix de l’énergie que ses voisins.
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Source:
www.lemonde.fr






