À l’occasion de la visite d’État du président tchadien Mahamat Idriss Déby à Alger, les deux pays ont paraphé plusieurs accords, notamment dans le secteur économique. Les plus importants concernent le secteur des hydrocarbures avec, entre autre, la signature d’un mémorandum d’entente à travers lequel le groupe algérien Sonatrach va aider le Tchad à créer une raffinerie qui pourra produire jusqu’à 20 000 barils de pétrole par jour.
Publié le : 24/04/2026 – 05:18
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Au deuxième jour de sa visite d’État en Algérie, le président du Tchad, Mahamat Idriss Déby, s’est entretenu en tête-à-tête avec Abdelmadjid Tebboune, son homologue algérien qui l’a accueilli en grande pompe, avant de présider une cérémonie de signature d’une trentaine d’accords bilatéraux – 34 exactement, selon la présidence tchadienne.
Les trois plus importants concernent le secteur des hydrocarbures, avec notamment la signature d’un mémorandum d’entente entre le groupe algérien Sonatrach et la Société des hydrocarbures du Tchad (SHT) pour la création d’une raffinerie qui pourra produire jusqu’à 20 000 barils par jour. Ce mémorandum intervient alors que Ndjaména est actuellement « dans une phase de tentative de diversification de son appareil productif. Le pays cherche à attirer de nouveaux investisseurs pour développer ses ressources naturelles, notamment dans le domaine pétrolier, décrypte l’économiste tchadien Djimadoum Mendekor. Pour un pays en manque d’emplois et d’industries, il est important de pouvoir augmenter le nombre d’entreprises qui viennent travailler sur son territoire », poursuit ce dernier.
Sur le plan énergétique toujours, un accord-cadre entre Ndjamena et l’Institut algérien du pétrole a également été paraphé en vue de renforcer et valoriser les capacités du secteur pétrolier tchadien, tandis que d’autres mémorandums ouvrent la voie à l’implantation d’usines algériennes au Tchad dans les domaines de l’industrie, des mines et des énergies renouvelables.
« Un petit pied de nez au Maroc »
Pour le reste, les accords balaient bon nombre de secteurs allant de la communication aux travaux publics en passant par la santé animale, le transport aérien ou encore l’enseignement supérieur. La sécurité a quant à elle fait l’objet de la signature d’une convention interministérielle de coopération dans la lutte contre le terrorisme.
Alors qu’au terme de la cérémonie, Mahamat Idriss Déby a déclaré à la presse que sa visite traduisait « une volonté politique claire des deux pays de passer d’une amitié traditionnelle à un partenariat stratégique de nouvelle génération », l’Algérie voit, elle, dans cette salve historique d’accords une réaffirmation de son positionnement sur le continent.
Après en avoir déjà signé plusieurs avec le Niger à la suite de la venue du président Abdourahamane Tiani à Alger en février dernier, l’Algérie fait ainsi un retour en force en Afrique avec l’objectif « de faire un petit pied de nez au Maroc, sachant qu’il y a une concurrence importante entre les deux pays en Afrique subsaharienne » où l’un et l’autre cherchent à étendre leur influence, explique Michaël Ayari, analyste Algérie-Tunisie à l’International Crisis Group
Rabat et Ndjaména ont effectivement récemment opéré, eux aussi, un rapprochement avec, d’un côté, une multiplication des projets d’investissement marocains au Tchad – notamment sur le plan énergétique et culturel -, de l’autre l’inauguration d’un consulat tchadien à Dakhla, au Sahara occidental.
Source:
www.rfi.fr





