Vincent Brengarth conteste notamment la légalité de la garde à vue de jeudi, évoquant un contournement de l’immunité parlementaire de l’eurodéputée.
Publié le 03/04/2026 18:00
Mis à jour le 03/04/2026 18:58
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Une contestation frontale de la procédure. Lors d’une conférence de presse aux côtés de Rima Hassan, son avocat Vincent Brengarth a estimé, vendredi 3 avril, que « la procédure de flagrance a été construite de toutes pièces » afin de « faire échec à l’application de l’immunité parlementaire » de la députée européenne. Selon lui, la garde à vue de sa cliente, jeudi, est « parfaitement illégale » et constitue « un contournement d’une immense gravité ».
Vincent Brengarth a par ailleurs évoqué une « disproportion » totale du traitement judiciaire réservé à sa cliente. Jeudi, cette dernière a été convoquée en raison d’un tweet, dans lequel elle faisait référence à un membre de l’Armée rouge japonaise impliqué dans un attentat en Israël en 1972. Mais ce message avait été « supprimé », par « volonté d’apaisement » de la part de Rima Hassan. « Le parquet savait que ce message avait été supprimé avant le début de la garde à vue », assure son avocat, qui souligne que l’enquête en « flagrance » ne se justifiait donc pas.
« Personne n’est dupe du caractère politique de cette affaire », a considéré Rima Hassan lors de cette conférence de presse. L’eurodéputée insoumise s’est estimée « l’objet d’un véritable harcèlement judiciaire et politique », en raison de « ses opinions politiques » et de son combat pour la Palestine. « J’assume parfaitement de faire de la question palestinienne mon sujet principal de bataille », a-t-elle ajoutée.
En garde à vue, « la fouille des effets de Rima Hassan a révélé la présence de matières s’apparentant d’une part à du CBD et d’autre part à de la 3MMC [une drogue de synthèse], sur lesquelles elle a été interrogée », selon le parquet de Paris. Lors de la conférence de presse, son avocat a précisé que l’insoumise possédait en effet « deux contenants de CBD » dans ses affaires – ce qui est « légal en France » – et que c’est dans l’un de ces contenants qu’ont été retrouvé « des traces de drogue de synthèse », dont on « ignore la nature exacte et précise ».
Un test urinaire a ensuite prouvé qu’il « n’y a pas de consommation de drogue de la part de Rima Hassan », a affirmé Vincent Brengarth, qui précise que « des analyses complémentaires sont en cours ». L’avocat se réserve par ailleurs le droit de « contester l’inventaire » fait par les policiers, car ce dernier n’est pas « survenu de façon immédiate après son placement en garde à vue », et que son sac était déjà « ouvert » lorsqu’il a débuté.
L’avocat a en outre évoqué des « tensions » durant la garde à vue et dénoncé des « violations répétées du secret de l’enquête », affirmant avoir découvert certains éléments de l’audition « par la presse ». Le parquet de Paris a ouvert vendredi une enquête pour « violation du secret de l’enquête », ce dont s’est réjoui Vincent Brengarth, qui a accusé les autorités d’avoir « planifié » ces fuites pour porter atteinte à « l’image et la réputation » de l’eurodéputée. Remise en liberté à l’issue de sa garde à vue, Rima Hassan doit être jugée le 7 juillet pour apologie du terrorisme.
Source:
www.franceinfo.fr




