Cette initiative marque une étape majeure dans le cadre de l’Initiative ONU80, un effort de réforme à l’échelle de l’ensemble du système visant à rendre l’ONU plus efficace, plus cohérente et mieux armée pour produire des résultats dans un monde en mutation.
Prenant la parole dans la salle de l’Assemblée générale, le Secrétaire général António Guterres s’est félicité de cette adoption, la qualifiant de « résolution historique » et d’« étape majeure ».
« La résolution adoptée aujourd’hui reflète une compréhension commune du cycle de vie complet des mandats — ainsi qu’un engagement partagé à en renforcer chaque étape », a-t-il déclaré aux États Membres. « La résolution d’aujourd’hui contribue à traduire l’ambition de l’Initiative ONU80 en actions concrètes et pratiques ».
Le Secrétaire général António Guterres s’adresse à la réunion de l’Assemblée générale sur le renforcement du système des Nations unies.
Pourquoi les mandats sont importants
En créant des mandats, les États Membres donnent des instructions et des orientations à l’ensemble du système sur la manière de relever les défis mondiaux : du soutien à la paix et à la sécurité et de la fourniture de l’aide humanitaire, jusqu’à la promotion du développement et la protection des droits de l’homme.
Au fil du temps, toutefois, le grand nombre de mandats a engendré des difficultés pratiques.
Depuis 1946, plus de 40 000 résolutions, décisions et déclarations présidentielles ont été adoptées par les principaux organes de l’ONU — un paysage dans lequel il est de plus en plus difficile de s’orienter.
Cette situation a favorisé les doublons et les chevauchements, la prolifération des rapports et des réunions, ainsi qu’une visibilité et des mécanismes d’examen limités à l’échelle du système.
Cela peut faire peser une lourde charge tant sur les États Membres que sur le système des Nations Unies, tout en rendant plus difficile la mise en œuvre efficace et efficiente des mandats.
« Une approche plus structurée »
La résolution introduit, pour la première fois, une approche plus structurée couvrant l’ensemble du cycle de vie des mandats — de leur conception à leur mise en œuvre et à leur examen.
Concrètement, cela signifie :
Des mandats plus clairs et mieux ciblés, étayés dès le départ par de meilleures informations pour la prise de décisions ;Une mise en œuvre plus solide et mieux coordonnée, reposant sur une meilleure utilisation des données, des rapports davantage axés sur les utilisateurs et une utilisation plus efficace des ressources ;Un examen plus systématique des résultats, permettant de garantir que les mandats demeurent pertinents et produisent des effets concrets, et renforçant une culture d’amélioration continue fondée sur des données probantes, la responsabilisation et les résultats ;Une transparence accrue grâce à des outils numériques améliorés, notamment par le biais d’un Registre des mandats de l’ONU élargi, offrant aux États Membres des informations plus consolidées et comparables sur les mandats, les ressources et les résultats.
Pourquoi est-ce important ?
Cette résolution vise à faciliter l’orientation des États Membres dans un paysage de mandats de plus en plus complexe, tout en aidant les Nations Unies à réduire les doublons, la fragmentation et l’inefficacité. En renforçant la manière dont les mandats sont conçus, mis en œuvre et évalués, elle vise à améliorer la façon dont le système des Nations Unies traduit les décisions en résultats concrets.
Les prochaines étapes
La résolution s’appuie sur les travaux du Groupe de travail spécial informel de l’Assemblée générale sur l’examen de la mise en œuvre des mandats, coprésidé par la Jamaïque et la Nouvelle-Zélande.
Ce Groupe de travail a été créé par l’Assemblée générale afin d’examiner les propositions figurant dans le rapport du Secrétaire général de juillet 2025 sur l’examen de la mise en œuvre des mandats, élaboré dans le cadre du volet 2 de l’Initiative ONU80.
Ce rapport a analysé la manière dont les mandats sont créés, exécutés et évalués au sein de l’ensemble du système des Nations Unies, et a formulé des propositions visant à renforcer chaque étape du cycle de vie des mandats.
La résolution décide de poursuivre ces travaux par l’intermédiaire d’un Groupe de travail spécial formel sur l’examen de la mise en œuvre des mandats, ouvert à tous les États Membres et observateurs. Ses tâches consisteront notamment à élaborer de meilleurs modèles pratiques, à renforcer les clauses d’examen et à procéder à un examen plus approfondi des mandats existants.
« C’est une étape majeure. Mais ce n’est que le début. Nous travaillerons en tant qu’Organisation unique et cohérente — guidée par le Groupe de travail — pour améliorer la manière dont les mandats sont soutenus et mis en œuvre », a déclaré M. Guterres, tout en réaffirmant qu’il s’agit là d’un processus mené par les États Membres.
Faisant écho à ce sentiment, la Présidente de l’Assemblée générale, Annalena Baerbock, a affirmé que cette adoption marquait une étape importante dans un effort de réforme bien plus vaste, et a invité les États Membres à continuer de s’investir dans la prochaine phase de ces travaux. « Aujourd’hui, nous avons franchi une étape importante pour rendre l’ONU plus agile, plus efficace, plus performante et mieux armée pour l’avenir, afin qu’elle puisse mieux servir les populations que nous représentons », a-t-elle déclaré.
L’Initiative ONU80
Cette résolution constitue la toute dernière étape de l’Initiative ONU80. Lancée par le Secrétaire général il y a un an, cette initiative vise à transformer l’ONU de fond en comble, afin que chaque mandat, chaque dollar et chaque décision génèrent une valeur maximale pour les populations et pour la planète.
Lundi prochain, l’Assemblée générale tiendra une réunion informelle pour faire le point sur l’état d’avancement du Plan d’action de l’Initiative ONU80, et notamment sur les propositions relevant du volet 3, qui esquisse d’éventuels réalignements structurels et programmatiques destinés à mieux harmoniser le système des Nations Unies.
Source:
news.un.org




