Attendue de longue date, réclamée à la fois par la Cour des Comptes et des parlementaires, l’intégration de la SAS pass Culture au sein des opérateurs de l’État a été réalisée le 1er janvier dernier, nous confirme-t-on.
Dans un rapport sur le projet de loi de finances 2026, la sénatrice Karine Daniel (groupe Socialiste, Écologiste et Républicain, Loire-Atlantique) s’était intéressée aux programmes « Création » et « Transmission des savoirs et démocratisation de la culture » du budget du ministère de la Culture. Elle avait alors abordé le cas de la SAS pass Culture, précisant que cette dernière deviendrait opérateur de l’État à compter du 1er janvier 2026.
Cette échéance a bien été respectée, nous indique la SAS, qui reste une société par actions simplifiée « même sous le statut d’opérateur de l’État », précise-t-on. D’après le document annexé au PLF 2026, l’opérateur mobiliserait 176 équivalents temps plein travaillé (ETPT), tandis que son intégration au périmètre des opérateurs entraine un transfert de 189 millions €.
« Dans le cadre de sa transformation en opérateur de l’État, le pass Culture travaille à l’élaboration de sa “Feuille de route stratégique 2026-2030”. Cette démarche, qui aboutira à la fin du printemps 2026, associe les collaborateurs et collaboratrices du pass Culture ainsi que ses parties prenantes et partenaires extérieurs », ajoute le nouvel opérateur de l’État, qui a ouvert une consultation des acteurs culturels il y a quelques jours.
« Cette Feuille de route, inscrite dans la nouvelle dynamique du pass Culture, fixera des priorités stratégiques à horizon 2030, au service de la jeunesse, de son cheminement durable avec la Culture, sa relation avec les acteurs culturels et sa participation engagée et innovante à la dynamique culturelle des territoires », poursuit-on.
Un statut attendu
Effectuée sans tambour ni trompette, cette mutation de la SAS pass Culture est réclamée au moins depuis 2023, notamment par la Cour des Comptes qui, dans un rapport publié cette année-là, pointait des problématiques de gestion, de contrôle des dépenses publiques et de positionnement stratégique sur le long terme. En avril 2025, une enquête a même été ouverte pour « prise illégale d’intérêts » dans le contexte de la conception du dispositif.
Dernièrement, si les industries culturelles — en particulier celle du livre — se sont montrées attachées au pass Culture et aux crédits qu’il met à disposition des jeunes, des parlementaires ont déploré que la concentration de l’action publique sur ce dispositif, au détriment de l’Éducation artistique et culturelle (EAC).
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La transformation de la SAS pass Culture en opérateur de l’État aura pour principale conséquence le versement d’une subvention « pour charge de service public ». Cette somme financera le fonctionnement de l’entité, mais garantira par ailleurs une meilleure information de ses actions et de ses résultats, particulièrement critiqués ces dernières années.
La conversion en opérateur de l’État entrainera aussi « un élargissement de sa gouvernance à des représentants des collectivités territoriales afin de matérialiser ce partenariat stratégique entre l’État et les collectivités, ainsi que sa déclinaison opérationnelle dans tous les territoires », précisait le pass Culture.
Photographie : pass Culture
Par Antoine OuryContact : ao@actualitte.com
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