En cinq décennies d’activité, Luigi Comencini (1916-2007) a slalomé entre les écoles et les genres, et traversé toutes les évolutions du cinéma italien. S’il a signé de grands succès populaires (L’Incompris en 1967, Les Aventures de Pinocchio en 1972), l’agenda des restaurations nous permet d’explorer les zones d’ombre de son œuvre. Après le polar inédit Sans rien savoir d’elle (1969), c’est au tour de La Ragazza di Bube (1964) de retrouver le chemin des salles.
D’après le roman du même nom de Carlo Cassola, porté par une belle partition de Carlo Rustichelli, ce film oublié porte, vingt ans après la fin de la seconde guerre mondiale, un regard critique sur la Libération, dégagé des mythes du néoréalisme. Participant d’une relecture moderne des événements (comme avec Le Bossu de Rome de Carlo Lizzani en 1960 ou Des filles pour l’armée de Valerio Zurlini en 1965), il contient en outre l’une des plus remarquables prestations de Claudia Cardinale (1938-2025) à l’écran.
Une période trouble
En avril 1944, dans la Toscane fraîchement libérée, Mara (Cardinale), une fille de la campagne, célèbre les convois d’Américains qui passent à côté de chez elle, dans un coude de l’Arno. Elle tombe amoureuse de Bube (George Chakiris, comédien et danseur américain débarqué de West Side Story), un partisan redescendu du maquis. Ils se fiancent, mais Bube est pris dans une rixe et tue un ancien fasciste. Recherché par les autorités, il quitte le pays. En son absence, Mara part travailler en ville et fait la rencontre de Stefano (Marc Michel), un jeune ouvrier typographe, qui ne tarde pas à la demander à son tour en mariage.
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