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« La proposition de Thierry Breton d’un déficit public à 1 % du PIB français prive toute capacité à répondre à un choc ou faciliter la transformation de la société »

La France connaît aujourd’hui un déficit public qui dépasse 5 % du produit intérieur brut (PIB), avec une dette publique de 115,6 % du PIB et des intérêts versés aux financiers en hausse à cause de la montée de la dette publique et, surtout, de la forte augmentation des taux d’intérêt exigés par les marchés. Dans ces conditions, les banques centrales ont retrouvé le chemin de l’orthodoxie monétaire et maintiennent leurs taux au-dessus du taux d’inflation.

Face à cette situation, l’ancien ministre de l’économie Thierry Breton a proposé, dans une tribune au Monde publiée le 27 mars, d’« inscrire dans la Constitution une règle d’or limitant le déficit public à 1 % du PIB à l’horizon 2032 ». Son argumentaire est conforme aux standards libéraux, mais il mérite attention, car il se présente comme un véritable programme présidentiel pour les cinq années à venir. L’auteur précise en effet qu’il s’agit d’un « chantier du prochain quinquennat ».

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Si on ne conteste pas le point de départ, une première entorse à la rigueur – intellectuelle – est commise par Thierry Breton, qui jamais n’analyse les causes profondes de la dérive des déficits publics français. Il se contente de pointer que les autres économies, dont l’Allemagne, ont connu les mêmes difficultés : crises financières, pandémie et guerre en Ukraine. Ce qu’il ne dit pas, c’est que nos déficits publics tiennent au fléchissement des recettes publiques relativement à la hausse des dépenses publiques.

Depuis un quart de siècle, l’Insee constate que les dépenses publiques ont progressé de 52,6 % du PIB en 2000 à 57,3 % en 2024, tandis que les recettes publiques augmentaient de 51,3 % en 2000 et 51,4 % en 2024. Que signifie cet écart entre les deux progressions ? Il symbolise d’une part les réductions fiscales à l’avantage des contribuables riches et des entreprises, concédées par l’Etat, au sein desquelles le Sénat a estimé à 211 milliards en 2023 les aides aux entreprises, et, d’autre part, l’épuisement d’un modèle de croissance. Il était fatal que, dans ces conditions, le solde des finances publiques se dégrade.

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Source:

www.lemonde.fr

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