« Orthodoxie et féminisme. Agrandir le palais de la Torah » (Expanding the Palace of Torah. Orthodoxy and Feminism), de Tamar Ross, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Myriam Ackermann-Sommer, Calmann-Lévy, « Diaspora », 490 p., 26 €, numérique 18 €.
Le raidissement intégriste qui frappe un peu partout les religions monothéistes, la politisation de la foi et l’idéal d’un « retour aux sources » occultent un phénomène de fond rarement relevé : le fait que le christianisme, le judaïsme et l’islam actuels sont travaillés au corps par la modernité. Au point que l’essentiel de leur expression se résume à cet affrontement. En cela, les orthodoxies d’aujourd’hui sont moins une fidélité à une tradition ininterrompue qu’une réaction aux ruptures qui sont venues la contester.
Parmi ces ruptures, la redéfinition de la place des femmes occupe une place de choix. C’est pourquoi Orthodoxie et féminisme, l’ouvrage de l’universitaire israélienne Tamar Ross, à la fois juive pratiquante, se définissant comme orthodoxe (par opposition aux « réformés », qui n’hésitent pas à remettre en question les textes et les rites), et féministe, vient à point. Il illustre la difficulté mais aussi l’inéluctabilité du bouleversement d’univers spirituels accoutumés à une pensée « androcentrée » (mettant systématiquement le mâle en position supérieure).
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Source:
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