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« La nouvelle géographie des hauts revenus est une géographie du service et de la mondialisation »

La concentration spatiale des ménages aisés a fortement augmenté en France au cours des deux dernières décennies, transformant silencieusement le paysage social de notre pays et alimentant ses fractures territoriales.

Dans certaines petites villes, des maisons de maître, longtemps symbole visible de la réussite locale, sont aujourd’hui occupées par des vacanciers, quand elles ne sont pas simplement laissées à l’abandon. Les familles qui les habitaient sont parties, symptôme d’un territoire où l’on ne peut plus réussir sans s’en aller. Paradoxe : leur départ réduit les inégalités locales, mais creuse le sentiment d’injustice, car c’est le projet même d’une ascension sur place qui disparaît avec elles.

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Dans un article à paraître dans le Journal of Economic Geography, nous retraçons pour la première fois l’histoire longue de ce phénomène en mesurant, pour chaque département et depuis 1960, la part des ménages appartenant aux catégories les plus aisées au niveau national. Autrement dit, la probabilité pour un habitant d’un territoire de croiser une personne riche y habitant elle aussi.

La désindustrialisation, facteur d’égalisation

Si les ménages aisés étaient répartis uniformément sur le territoire national, cette probabilité serait la même partout. Elle ne l’est pas, et notre étude dessine une histoire que les débats sur les inégalités ont largement ignorée. Cette histoire est celle d’une parenthèse : quatre décennies où la France s’est rééquilibrée, vite effacées par le retour inexorable des inégalités.

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Dans les années 1960, les hauts revenus sont très visibles dans deux types de territoires : deux des plus grandes métropoles, Paris et Lyon, et dans les grands bassins industriels du Nord et de l’Est. La carte des ménages aisés est une carte de la mine, de l’acier, de la grande usine. Puis viennent la désindustrialisation et un phénomène inattendu : pendant près de quarante ans, la répartition spatiale des hauts revenus s’est faite de plus en plus homogène. Les régions longtemps agricoles se sont industrialisées puis tertiarisées. Les structures d’emploi ont convergé et, avec elles, les opportunités dans nos territoires. La désindustrialisation, dans un premier temps, a été un facteur d’égalisation.

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Source:

www.lemonde.fr

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