Dans un rapport paru en 2021, une ONG accusait une filiale du géant des boissons en France et en Afrique d’avoir soutenu financièrement des rebelles pour sécuriser ses installations.
Publié le 22/04/2026 16:39
Mis à jour le 22/04/2026 17:03
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La justice française a classé en février l’enquête visant une filiale en Centrafrique de Castel, géant des boissons en France et en Afrique, accusée de complicité de crimes contre l’humanité, au terme de quatre ans d’enquête préliminaire. Les infractions sont apparues « insuffisamment caractérisées », a confirmé mercredi 22 avril le Parquet national antiterroriste (Pnat), compétent en matière de crimes contre l’humanité.
A la suite de la parution d’un rapport de l’ONG The Sentry en août 2021, le Pnat avait confié en juin 2022 les investigations à l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité. Dans son rapport, The Sentry accusait une filiale de Castel d’avoir soutenu financièrement des rebelles en Centrafrique pour sécuriser ses installations.
Les accusations visaient Sucaf RCA, filiale de Somdia, elle-même contrôlée à 87% par le groupe Castel. L’ONG affirmait que Sucaf RFA avait « négocié un arrangement sécuritaire » avec notamment l’Unité pour la paix en Centrafrique, un groupe armé accusé d’exactions. Cet « arrangement » visait à « sécuriser » son « usine et les champs de canne à sucre » et « tenter de protéger le monopole de la société », selon l’ONG qui se présente comme spécialisée dans la traque de l’argent sale.
En échange, le rapport affirme que Sucaf RCA a mis en place un « système sophistiqué et informel pour financer les milices armées par des paiements directs et indirects en espèces ainsi que par un soutien en nature sous forme d’entretien des véhicules et de fourniture de carburant ».
Les avocats de Somdia et de son ex-dirigeant Alexandre Vilegrain ont dit « accueillir avec satisfaction » le classement de l’enquête mais sans s’en « réjouir ». « Outre les intérêts économiques définitivement perdus pour la France, la fermeture de la seule usine de la région de Ngakobo a été une catastrophe pour ses habitants » affectant « des milliers de vies », ont-ils déclaré. « Nous déplorons vivement la décision du Pnat », ont de leur côté réagi les avocates de The Sentry, pour qui le classement « révèle les limites de cette enquête ».
Depuis le début de l’affaire, la défense dénonçait « les carences du rapport », qui « laissait penser que cette organisation avait pu être manipulée » pour des intérêts russes. Ce que conteste vivement The Sentry. Sa directrice exécutive, Justyna Gudzowska, assure à l’AFP maintenir « les conclusions de son rapport » et soutient qu’elle n’agit « au nom d’aucun gouvernement ni d’aucun acteur extérieur ».
Source:
www.franceinfo.fr





