Munis de sifflets, tracts et pancartes « A travail égal, salaire égal », des grappes de salariés s’époumonent le long de la route qui mène à l’hypermarché Carrefour de Soissons (Aisne) pour faire entendre leur mouvement de grève, mercredi 1er avril. Pour l’occasion, ils ont ressorti polaires, anoraks et tabliers siglés de la chaîne de grande distribution Cora. Sauf que Cora n’existe plus. Ou plus tout à fait.
Le groupe Carrefour a en effet racheté l’enseigne, en même temps que Match et la centrale d’achat Provera, en juillet 2024. Cela représentait 22 000 salariés en tout et 57 magasins Cora. Les salariés du Cora de Soissons ont enfilé leurs nouvelles couleurs, leur magasin a été rebaptisé. Pour les clients, il est en tout point semblable à n’importe quel Carrefour.
Pourtant ses salariés sont payés entre 1 et 2 euros bruts de moins de l’heure que leurs homologues du groupe. Ils reçoivent d’ailleurs toujours un bulletin de paie Cora : le rachat n’a pas dissous l’entité juridique. « Nous avions pris l’engagement de préserver le modèle social auquel les salariés étaient légitimement attachés. Cela nous a conduits à ne remettre en cause aucun des accords en vigueur au moment de leur rachat », fait valoir la direction de Carrefour. Ceux qui étaient moins disants sont restés moins disants. Et si la même augmentation a été accordée à tous cette année, « elle est calculée en pourcentage du salaire. Donc, si on donne + 1,3 % à tout le monde, ça creuse encore l’écart », souligne Cyrille Lechevestrier, délégué central CFTC Cora France.
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Source:
www.lemonde.fr




