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Kriol Jazz Festival au Cap-Vert: liberté, panafricanisme et vibrations

Au Kriol Jazz Festival de Praia, au Cap-Vert, la 15e édition a vibré au rythme de la liberté et du panafricanisme. Entre le jazz incandescent du Cubain en exil Alfredo Rodriguez, la rumba éternelle des Quatre Étoiles du Zaïre, la transe gnawa du Marocain Saad Tiouly et l’aura hypnotique du Sénégalais Ismaël Lô, la musique a célébré l’amour, le partage et la dignité des peuples.

Publié le : 13/04/2026 – 13:30Modifié le : 13/04/2026 – 13:41


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Le Kriol Jazz Festival s’est achevé ce week-end à Praia, la capitale du Cap-Vert. Pour sa 15ᵉ édition, ce rendez-vous devenu mythique a confirmé son importance sur la scène musicale, prolongeant l’héritage de Cesária Évora. Créé par son producteur, José Da Silva, le festival reste un symbole fort de l’ouverture et du métissage culturel cap-verdien.

Le guembri a résonné à Praia. Originaire du sud du Maroc, Saad Tiouly a offert une intense célébration gnawa et délivré sa musique thérapeutique. Un jeune artiste, touché par l’accueil du public, qui n’a qu’un mot à la bouche : l’amour. « Pour moi c’est un moyen d’envoyer un message à des gens qui partagent mes valeurs, notamment l’amour, explique Saad Tiouly. Cette musique est très importante parce que je ne pourrais pas exister sans elle. »

Le Kriol Jazz a pu également compter sur la présence, si rare sur scène, d’Ismaël Lô. Artiste sacré venu pour un concert unique qui restera dans les grands moments du festival. Le chanteur sénégalais, lauréat du Prix découvertes RFI en 1992, possède ce don pour hypnotiser une foule et la faire entrer dans la transe.

« La roue tourne, la terre est ronde, confie Ismaël Lô. C’est comme ça que tourne la chance aussi. Je souhaite que tous les êtres qui vivent sur cette terre puissent jouir de la vie. La richesse c’est la vie et le partage. Ce n’est pas l’argent. C’est ce qu’on peut partager : l’amour qu’on se transmet et que l’on se donne mutuellement. »

À Praia, au Kriol Jazz Festival, du Congo à Cuba, du Maroc au Sénégal, la musique a fait vivre le panafricanisme, la liberté et l’amour, dans la droite ligne de l’esprit imaginé par José Da Silva autour de Cesaria Evora.

Alfredo Rodriguez et les Quatre Étoiles

Enfant, Alfredo Rodriguez rêvait d’être percussionniste mais à 6 ans, il était trop petit, ses professeurs l’ont donc mis au piano. Sa vie a été marquée par son départ en exil avec ses parents pour les États-Unis. Un traumatisme qu’il transcende sur scène où il prône la démocratie.

« Pourquoi je joue de la musique ? Elle est dans mes veines, dans mon sang, affirme l’artiste. C’est la vie, c’est comme l’eau. En raison de la situation politique à Cuba, je ne peux pas y jouer, je ne peux pas y vivre. À Cuba nous avons l’amour, la culture et la situation actuelle est très douloureuse pour moi, c’est mon pays, c’est mon peuple, c’est tellement triste. »

Virtuose, le pianiste cubain Alfredo Rodriguez sur la scène du Kriol Jazz Festival à Praia, Cap-Vert, avril 2026. © Guillaume Thibault / RFI

Alfredo Rodriguez a partagé la scène du Kriol avec un groupe sacré du Congo. Fondé en 1979, les Quatre Étoiles du Zaïre ont traversé les temps et gardé leur vision du monde. Membre fondateur, Nyboma, 73 ans, reste une immense voix, un gentleman, fringant et mobilisateur : « On continue pour l’amour du peuple. Quand j’écoute les chansons, même si je suis malade, je suis guéri. Le peu que l’on a dans le cœur, on essaie de le chanter. »

Du jazz cubain, de la pure rumba congolaise, Alfredo Rodriguez et les Quatre Étoiles du Zaïre ont emmené loin, ont fait rêver, au cœur de la nuit, le public du Kriol Jazz.

Alfredo Rodriguez et les Quatre Étoiles au Kriol Jazz Festival 2026


Source:

www.rfi.fr

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