L’écrivain franco-algérien, Kamel Daoud, a annoncé dans un message publié sur X, mercredi 22 avril, avoir été condamné à trois ans de prison ferme en Algérie pour son roman « Houris ».
« Fait unique dans l’histoire algérienne : le verdict du procès du 7 avril 2026 est tombé le 21 avril courant. Je suis condamné à trois ans de prison ferme et à cinq millions de dinars algériens d’amende, en application de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale », a-t-il fait savoir. L’auteur ajoute que « le texte réprime l’évocation publique de la guerre civile. Dix ans de guerre, près de 200 000 morts selon les estimations, des milliers de terroristes amnistiés… et un seul coupable : un écrivain. »
Son ouvrage, récompensé du prix Goncourt en 2024, est un roman sombre se déroulant en partie à Oran et racontant le destin d’Aube, jeune femme muette depuis qu’un islamiste lui a tranché la gorge le 31 décembre 1999. Il ne peut pas être édité en Algérie car il tombe sous le coup d’une loi interdisant tout ouvrage sur la décennie noire entre 1992 et 2002, qui a fait au moins 200 000 morts, selon des chiffres officiels.
Après la publication de l’ouvrage, une Algérienne, Saâda Arbane, accuse l’auteur d’avoir volé son histoire tragique – elle est rescapée d’un massacre pendant cette décennie noire – pour en faire le cœur de l’intrigue.
Saâda Arbane était suivie par l’épouse de l’écrivain, la psychiatre Aïcha Dahdouh, à l’hôpital d’Oran depuis 2015. « A trois reprises, affirmait-elle au Monde en 2025 dans un entretien réalisé par visioconférence, Kamel Daoud et sa femme m’ont demandé le droit d’utiliser mon histoire. J’ai refusé à chaque fois. »
Se sentant « trahie », Saâda Arbane avait lancé deux procédures judiciaires, l’une en Algérie pour « violation du secret médical », l’autre en France pour « atteinte à la vie privée ». Kamel Daoud est en outre visé par deux mandats d’arrêt internationaux émis par l’Algérie en mai 2025. Des accusations rejetées par Kamel Daoud. Cette « œuvre d’imagination » est basée sur « une intrigue », des « personnages » et des « événements empruntés au vécu de Kamel Daoud et à des faits historiques et criminels connus », avait fait savoir M. Daoud et sa maison d’édition Gallimard en mai 2025.
Source:
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