Jean-Paul Krassinsky est décédé ce mardi 31 mars. L’annonce a été faite le lendemain par son éditeur, les éditions Dupuis, dans un communiqué diffusé depuis Paris. Il avait 53 ans.
« Il y a des auteurs qu’on aime à travers leurs livres, et d’autres qu’on aime à travers leur façon d’être au monde. Jean-Paul Krassinsky était des deux », écrit l’éditeur. Le texte insiste sur la singularité d’un regard attentif aux relations humaines, à leurs élans comme à leurs ratés.
Dans ses albums, les relations amoureuses occupaient une place centrale. Il y abordait le désir, les maladresses, la violence ou encore le comique involontaire qui traverse les liens entre les individus. Les Cœurs boudinés ou Toutoute première fois en donnent des exemples, en s’attachant à des situations ordinaires sans les idéaliser.
Satire des croyances et liberté formelle
Cette attention à l’intime cohabitait avec une veine plus critique. Jean-Paul Krassinsky a ainsi signé des récits marqués par une dimension anticléricale. Le Crépuscule des idiots prend la forme d’une fable animalière autour de la naissance des religions, tandis que La Fin du monde en trinquant met en scène un savant confronté à l’obscurantisme. L’humour y sert à interroger les mécanismes de la croyance.
D’un livre à l’autre, il changeait de forme et de ton. Avec AK, il s’est aventuré du côté du roman-photo réalisé avec des peluches, à rebours des formats plus attendus. Il a également écrit pour d’autres auteurs, sans se fixer dans un style unique. Cette polyvalence répondait à une logique simple : adapter la forme à chaque histoire.
Ses albums situés dans des paysages nordiques occupent une place à part dans son parcours. Dans La Saga des Brumes, puis dans De pierre et d’os, adaptation du roman de Bérengère Cournut, il s’attache à des territoires de glace et de pierre. Ces récits suivent des personnages confrontés à des environnements hostiles, dans lesquels ils doivent se transformer pour survivre.
Une oeuvre inachevée
Jean-Paul Krassinsky travaillait au moment de sa mort sur une adaptation de Rose Royal, de Nicolas Mathieu. Le projet portait sur une femme d’une cinquantaine d’années confrontée à une rencontre tardive. Il n’a pas pu être mené à son terme.
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La maison évoque aussi ses conditions de travail à Paris, dans le 12e arrondissement, où il observait son environnement quotidien depuis son atelier surplombant la gare de Lyon. Cette proximité avec le réel nourrissait son travail, notamment dans la recherche des émotions justes.
« Il nous laisse de magnifiques albums », concluent les éditions Dupuis, qui adressent leurs pensées à ses proches.
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