C’est un type de nettoyage que peu connaissent et pourtant indispensable. Voici le quotidien de Baptiste Girardet, un nettoyeur pas comme les autres.
Je m’abonne aux Infos à ne pas rater
C’est un moment que les films ne montrent jamais, un métier caché du spectateur et que s’efforce de faire connaître Baptiste Girardet, un nettoyeur pas comme les autres. « Au cinéma, on passe de la mort à l’enterrement, sans transition, mais dans la vie, ça ne se passe pas comme ça. Entre ces deux événements, il y a une étape que personne ne voit : il faut laver, voire décontaminer un appartement souillé. C’est ici que j’interviens. »
Baptiste Girardet est nettoyeur après décès. Son rôle : intervenir là où un drame s’est produit pour remettre les lieux en état. « Il ne s’agit pas seulement de nettoyer, mais de désinfecter en profondeur, d’éliminer les risques sanitaires et de rendre un espace à nouveau habitable. Dans certaines situations, cela implique aussi de retirer des éléments devenus irrécupérables, comme des sols ou du mobilier. »
Une intervention technique qui ignore les horaires. « On s’adapte avant tout aux familles ou aux contraintes judiciaires. On se cale sur leurs disponibilités, pour ne pas être un obstacle de plus », confie Baptiste Girardet. Une journée peut ainsi débuter tôt le matin ou plus tard, et s’étendre sur douze à quatorze heures en continu, le temps de décontaminer un logement entièrement.

Certaines missions s’anticipent en lien avec la justice, notamment après un crime, tandis que d’autres relèvent de l’urgence, lorsque des proches souhaitent accéder rapidement au logement. Il arrive aussi d’intervenir dans des lieux professionnels, dans des délais très courts, pour limiter l’impact sur les collègues ou les usagers. Objectif : « Soulager les familles, pour qu’elles n’aient pas à affronter ça elles-mêmes. » Une volonté née d’une expérience personnelle qui a profondément marqué Baptiste Girardet.
Car jamais Baptiste Girardet n’aurait pensé devenir nettoyeur. Sapeur-pompier de Paris, puis spécialiste en police technique et scientifique, son parcours le destinait à intervenir autour de la mort, pas à en effacer les traces. Mais un événement personnel va tout faire basculer. Confronté à la disparition de son grand-oncle, il se retrouve seul pour nettoyer les lieux et enlever les traces. « J’ai eu beaucoup de mal à m’en remettre », confie-t-il.
L’épreuve le marque durablement et c’est précisément là que naît son engagement. Baptiste Girardet décide alors de se former au Canada, « seul endroit où une certification pour ce type de nettoyage existe à l’époque ». Il créera plus tard la structure Orizons après-vie.
Après avoir exercé seul, il a fait évoluer son modèle vers une franchise, avec plusieurs adhérents répartis en France et à l’étranger. Pour former ces nouveaux nettoyeurs, il a conçu un dispositif unique : un plateau technique installé en Île-de-France, où les conditions d’intervention sont reproduites de manière réaliste.
« Dans des espaces aménagés comme de vrais logements, on apprend à nettoyer, à manipuler les équipements, à adopter les bons gestes. Une formation de douze jours. » Aujourd’hui, Orizons après-vie compte 5 adhérents. Le salaire de ses franchisés ? 2 000 euros net par mois en moyenne, confie Baptiste Girardet. Le nettoyeur précise tout de même que ce salaire peut varier d’une franchise à l’autre.
Source:
www.journaldunet.com




