- Advertisement - spot_imgspot_img
AccueilTechnologieJ’ai testé le Vaonis Hestia, un appareil ludique et pas cher qui...

J’ai testé le Vaonis Hestia, un appareil ludique et pas cher qui transforme votre smartphone en télescope connecté

Les étoiles m’ont fasciné dès le plus jeune âge, mais les façons de les explorer étaient plus compliquées à mon époque. Aujourd’hui, un simple smartphone suffit avec Hestia, un petit appareil développé par Vaonis qui permet, pour moins de 200 euros, de se déplacer dans la voûte céleste, et pas que, tout en étant guidé par une application. Je l’ai testé et même fait prendre en main par un enfant de 8 ans pour découvrir le côté ludique, voici mon verdict !

Un enfant qui prend en main le Vaonis Hestia // Source : Romain Ribout pour Frandroid.

Ce n’est pas la première fois que je teste un produit de chez Vaonis, mais Hestia est bien différent. Les Vespera II et Vespera Pro sont des télescopes connectés assez coûteux, avec tout un tas de technologies embarquées, qui, sans action de votre part, offrent une qualité d’image assez époustouflante pour contempler les plus beaux objets du ciel profond, avec un résultat se rapprochant très fortement de l’astrophotographie amateur. Mais, ici, c’est tout l’inverse, et avec un prix divisé par dix pour découvrir simplement les astres et la nature sans craquer un PEL.

Hestia, c’est un petit boîtier sans batterie ni électronique à l’intérieur, il est simplement muni de plusieurs lentilles, d’un prisme et d’un oculaire. Le tout est monté sur trépied, puis vous déposez votre smartphone, qui sert de caméra. Après quelques réglages, vous pourrez admirer au travers de ce dernier tout ce qui se trouve autour de vous, et au-dessus de vous, avec un grossissement de 25 fois, selon la marque. Il n’a évidemment pas la prétention de réaliser l’impossible en vous montrant les fins détails d’une nébuleuse lointaine, mais l’observation est ludique grâce à l’application et ma première impression a tout simplement été : « J’aurais vraiment adoré avoir ça étant gosse ! »

Un objet de qualité, sauf pour le trépied

Mais, avant d’aller plus loin dans la façon dont on s’en sert, laissez-moi vous présenter un peu plus le produit qui nous intéresse ici. Comme dit précédemment, Hestia, c’est un boîtier, léger de 840 grammes et compact puisqu’il ne fait que 17 x 24 x 5,5 cm. Pour le prix, on aurait d’ailleurs pu s’attendre à un aspect plutôt cheap, mais le contour plastique blanc brillant allié au plastique mat noir au centre rend un bel effet. Il est livré avec plusieurs accessoires (trépied, filtre solaire, pointeur solaire et pare-soleil) dont presque tous trouvent leur place dans la sacoche rigide fournie avec — le trépied a son sac à part.

Le tout se monte assez facilement, il faut juste bien penser à tourner le mécanisme qui empêche le boîtier de tomber de son trépied. Les pieds de ce dernier semblent cependant assez fragiles et font forcément douter sur la stabilité de l’ensemble, surtout qu’ils finissent bien fins lorsqu’ils sont déployés au maximum. Il y a aussi des aimants pour caler son smartphone, où le but est de faire coïncider le capteur au dos avec l’oculaire du Vaonis Hestia, mais ça, j’y reviendrai un peu plus tard.

Avec sa forme rectangulaire, c’est sûr qu’il ne ressemble à aucun autre télescope. Et pourtant, ça en est vraiment un, même si l’on pourrait penser que c’est juste une passerelle qui permet d’avoir un grossissement avec une bonne netteté sur son smartphone. Enfin, dans le sens expérience du terme si je puis dire, car la sensation était bien là quand j’ai saisi la perche pour déplacer Hestia vers le ciel.

Une application pas encore très stable, mais convaincante

Avant toute chose, et même s’il est possible d’utiliser Hestia sans, il faut d’abord télécharger l’application Gravity, disponible sur iOS et Android. J’ai fait les tests avec deux smartphones, un iPhone 14 Pro et un Google Pixel 10, et les expériences sont très différentes de l’un à l’autre.

Quand vous rentrez dans l’application, vous devez scanner le QR code au dos du boîtier pour commencer la configuration, puis vient le fameux jeu où il faut que le capteur du smartphone soit bien aligné avec l’oculaire du Hestia. Un cercle vert apparaît alors sur l’écran du téléphone, un repère très utile et qui permet en plus de voir si l’image n’est pas coupée sur les bords. Prenez votre temps, soyez précis, car les aimants seront vos pires ennemis. Ils tiennent bien, voire trop bien, et au moindre petit geste brusque, ça décale tout.

Bon, ce n’est pas une chose facile, mais une fois que c’est fait, normalement on n’y revient plus. Mon problème était évidemment le jonglage entre les deux téléphones lors de ce test et ce n’est pas parce que j’ai répété l’opération à maintes reprises que je suis devenu un pro du centrage.

Si vous voyez mon iPhone sur les photos juste en haut, c’est surtout parce qu’il est impossible de faire la configuration avec mon Pixel 10, pour le moment, du moins. Le cercle vert n’apparaît tout simplement pas et je ne peux donc pas valider l’étape de confirmation. Mon contact chez la marque m’a confirmé un problème de compatibilité et a aussi mentionné que leurs équipes sont en cours de résolution du bug, néanmoins sans date précise de mise à jour à l’heure où j’écris ces lignes.

Quand j’utilisais Hestia avec mon Pixel, j’étais alors obligé de passer par l’application appareil photo. Il y a des côtés positifs, puisque je bénéficie de la meilleure qualité, je peux choisir quel capteur utiliser — car Gravity prend automatiquement votre capteur principal — et, surtout, jouer avec le zoom ou même prendre une vidéo. Mais il y a aussi du négatif, comme l’impossibilité d’utiliser certaines fonctionnalités importantes de l’application, notamment les réglages automatiques en fonction des astres observés et le mode GoTo, ou encore les photos qui sont capturées à l’envers à cause du prisme à l’intérieur du Hestia.

Hormis ces légers détails, l’application est bien pensée, avec un petit côté sobre et épuré très apprécié. Au démarrage, vous avez dans un premier onglet des données sur le Soleil et la Lune, les deux astres stars à observer avec Hestia, puis la partie photo avec les différents modes de caméra (Paysage, Soleil, Lune, Ciel Profond et Planète), pour enfin finir avec la carte interactive du ciel.

Notez qu’il est important de choisir le bon mode en fonction de ce que vous observez, car les réglages ISO ou d’exposition ne sont pas les mêmes selon votre cible. Par exemple, si vous admirez le Soleil tout en restant en Paysage, l’image sera brûlée et vous aurez beaucoup moins de détails, notamment sur les taches noires représentant les éruptions solaires, car le capteur photo laissera passer trop de lumière. Après, ce ne sont que des pré-réglages, vous pourrez aussi bidouiller tout ça à votre gré.

Un jeu d’enfant ?

À partir de là, l’installation est complète et le tout est opérationnel, j’ai donc pu commencer à faire pointer Hestia un peu partout, en commençant par la nature. Et, quelle belle nature nous avons dans le Cantal ! C’est dans cette agréable région de France que j’ai pu faire mes premiers tests.

En pleine nature

Pour débuter et se rendre réellement compte du potentiel du Vaonis Hestia, je vous propose un petit jeu : essayez de repérer la chaîne de montagnes sur la photo ci-dessous.

vaonis hestia test 9

Bon, c’est facile, mais ça prend vraiment une taille minuscule sur la photo. Pour encore plus se rendre compte, voici deux autres clichés avec les zooms x2 et x5 de mon Pixel.

On voit bien que les montagnes sont très éloignées, je devais être à peu près entre 30 et 40 km de distance. Maintenant, voilà ce qu’on voit avec Hestia. À gauche, vous avez une photo prise avec mon iPhone 14 Pro via l’application Gravity, et, à droite, une photo prise avec mon Google Pixel 10 depuis l’application photo installée de base sur mon téléphone — j’ai évidemment fait pivoter l’image à 180 degrés avant de vous la partager.

Évidemment, le résultat est bien plus net avec mon Pixel 10 face à mon iPhone 14 Pro qui accuse les années — et la qualité globale dépendra forcément de votre smartphone — , mais c’est déjà impressionnant de voir aussi loin. Je me suis même amusé à faire un zoom x2 en plus du grossissement du Hestia et le résultat reste vraiment impeccable.

Pour un peu plus de pratique, et pour se rendre vraiment compte du côté ludique, j’ai ensuite mis le Vaonis Hestia dans les mains d’un enfant de 8 ans. À ma grande surprise, il a appréhendé l’objet plutôt facilement, s’étonnant quelques fois de ce qu’il voyait à l’écran, en apercevant quelques arbres ou une maison au loin, même si le résultat était un peu flou dans un premier temps.

Après, je lui ai donné une mission : viser une certaine cascade à quelques centaines de mètres de nous. C’est vrai que c’est assez dur de se repérer avec le grossissement, et la cible était un peu cachée par des arbres, mais il a fini par réussir sans trop de mal. Content de ce premier succès, il a évidemment voulu viser autre chose dans l’environnement, et en se baladant dans le ciel, il a repéré les traces d’un avion, puis l’a suivi. Et c’est ça qu’il y a de bien avec Hestia, on se laisse pleinement aller dans la découverte de ce qui nous entoure.

D’ailleurs, ça m’a fait rire, car bien que la poignée soit très pratique pour manœuvrer le boîtier, l’enfant à qui j’ai fait tester Hestia préférait le prendre à plein le corps, avec une main de chaque côté. Et je le comprends, car chaque mouvement est très sensible avec un tel grossissement.

Dans la catégorie suivre un objet volant non identifié, je me suis également amusé à ce petit jeu à côté de chez moi, en prenant en photo à plusieurs reprises un rapace qui chasse près d’une forêt. C’était assez fascinant de pouvoir aussi facilement le suivre faire ses pirouettes dans les airs et je me dis que ça donne forcément envie de ramener cet appareil à chaque voyage en pleine nature : c’est tellement un bon moyen de se poser à un endroit et de prendre le temps d’admirer le paysage et les animaux autour de soi.

Les astres diurnes

Passons maintenant un peu aux astres avec une nouvelle mission : la Lune. Pas de grandes difficultés ici pour l’enfant, c’est un objet céleste assez facile à pointer tant il est visible, que ce soit de nuit ou en pleine journée. L’effet « Waouh » est quand même là car on la voit d’une grosseur peu commune, mais je ne trouve pas le résultat très satisfaisant lorsqu’il y a un beau ciel bleu, et ça, que ce soit avec mon Pixel 10 ou mon iPhone 14 Pro. Spoiler : j’ai réussi à capturer bien plus de détails à la nuit tombée !

En ce qui concerne le Soleil, il faut prendre un peu plus de précaution, j’ai donc repris la main à partir de cette étape. Tout d’abord, il est nécessaire d’installer le filtre solaire, puis de caler le pointeur solaire sur le côté du boîtier. Avec un petit jeu d’ombre, j’arrive facilement à aligner notre étoile avec Hestia, puis je sélectionne le mode approprié dans l’application pour ne pas avoir une image brûlée, sans mauvais jeu de mots.

Et, contre toute attente, c’est une belle surprise de pouvoir observer quelques taches solaires sur la surface de notre astre le plus brillant avec si peu de matériel. Cependant, c’est à ce moment-là que je me suis rendu compte du réel manque de stabilité du trépied. Pendant mon observation, le Soleil frétillait sur l’écran à cause du vent, alors que ça ne soufflait pas tant.

Soleil qui frétille à cause du vent

Les astres nocturnes

Vient maintenant la partie la plus intéressante selon moi : l’exploration du ciel nocturne. Et je dois dire que ça m’a fortement rappelé mes premières soirées avec mon télescope : beaucoup de joie, mais il peut aussi y avoir quelques frustrations si l’on n’est pas suffisamment aguerri.

Je ne me rappelle que trop bien les galères du début, lorsqu’on ne sait pas vraiment comment utiliser son matériel ni où viser, mais que ça devient très vite magique quand le tout est contrebalancé par l’excitation de la découverte après avoir persévéré. Bah, c’est un peu pareil avec Hestia, il faut s’accrocher pour avoir un peu de résultat.

Pour la Lune, généralement aucun souci, c’est souvent le premier astre que l’on vise lors d’une première fois, vu que c’est le plus gros dans le ciel nocturne. Et, malgré les années, c’est toujours une petite fascination d’observer ses cratères, surtout que mon Pixel couplé à Hestia lui a plutôt fait honneur malgré la présence d’un fort halo lumineux, mais on voit très bien les reliefs sur la bordure entre l’ombre et la lumière.

Avec mon iPhone 14 Pro et l’application Gravity, le résultat est beaucoup moins satisfaisant, car trop lissé et il n’y a tout simplement pas assez de détails, mais j’ai quand même obtenu une petite teinte de la Super Lune Rose du 2 avril dernier.

vaonis hestia test 30

Pour le ciel profond, c’est une autre paire de manches, et il y a un principal obstacle à franchir : la mauvaise position de votre smartphone sur la carte interactive des étoiles dans l’application.

Comme un vrai télescope qu’il faut mettre en station avec l’étoile polaire, ici, vous allez devoir viser une cible de votre choix pour faire un premier alignement. Vous pouvez vous balader au hasard et laisser l’application analyser les étoiles sur lesquelles vous tombez, mais ça peut être vite fastidieux si votre recherche ne porte pas ses fruits. Le mieux, c’est tout de même de savoir un minimum se repérer dans le ciel nocturne et de choisir un astre que vous connaissez bien. Personnellement, j’opte toujours pour la nébuleuse d’Orion si elle est visible quand je sors Hestia, car je la situe très bien dans le ciel, mais le mieux, c’est de prendre une grosse étoile comme Bételgeuse, Arcturus, etc.

C’est une étape qui peut être assez frustrante pour un non-initié, surtout que l’application n’arrive pas toujours à analyser les étoiles que vous ciblez. Ceci étant dit, une fois le tout bien paramétré, vous pourrez profiter du GoTo afin de vous faire guider vers d’autres astres et force est de constater que ça fonctionne plutôt bien, même si ce n’est pas parfait. En effet, des décalages peuvent encore intervenir, de votre fait ou non d’ailleurs, un petit coup dans le trépied est si vite arrivé… ce qui force à se réaligner et ça peut vite être démotivant, surtout en pleine soirée d’hiver.

Le GoTo avec Hestia

Comme vous le voyez dans la vidéo ci-dessus, le GoTo est super intuitif ! Une fois votre cible sélectionnée, une lueur bleue apparaît sur l’un des côtés de l’écran du smartphone pour vous indiquer la direction à suivre, et il y a même une mini-map avec une flèche pour bien cibler l’astre en question : un véritable jeu d’enfant. Je me laisse alors pleinement guider dans cette découverte nocturne, en passant d’Aldébaran à Orion, ou de l’amas ouvert M35 jusqu’à Jupiter, où j’ai même pu discerner les 4 principaux satellites qui tournent autour de cette géante gazeuse, à savoir Ganymède, Io, Europe et Callisto.

Alors oui, j’en conviens, les photos ne sont pas exceptionnelles, mais ce n’est pas le but du Vaonis Hestia. L’important, c’est plus la découverte, le ciblage manuel des astres (autrement dit sans mécanisme automatique comme sur les télescopes connectés, ce qui implique de s’intéresser vraiment à la position des étoiles dans notre ciel nocturne), la joie que l’on peut ressentir lors de ses premières trouvailles et le fait de les voir filer aussi vite de l’objectif parce que la Terre tourne, et ça, il le fait très bien. L’expérience télescope est bien là !

J’ai tout de même essayé d’avoir un meilleur résultat avec mon Pixel 10, via la vision de nuit de l’application appareil photo, mais impossible d’avoir un cliché correct avec une exposition longue, car les étoiles bougent et font rapidement des filaments. J’ai tout de même réussi à choper un peu de couleur sur M42 et c’est déjà assez impressionnant. L’application Gravity corrige évidemment ce défaut, en empilant les images pendant 30 secondes.

vaonis hestia test 38
La Nébuleuse d’Orion avec mon Pixel 10

Petit conseil : je recommande d’ailleurs de passer en Preview Boost x5 dans l’application pour des objets célestes un peu plus lumineux.

Prix et disponibilité du Vaonis Hestia

Le Vaonis Hestia est en ce moment vendu sur Amazon à 198 euros au lieu de 299 euros avec son trépied. On le trouve aussi à 249 euros chez Nature & Découvertes. Pour le pack ultime avec tous les accessoires, il faut monter jusqu’à 349 euros.

Voici le Vaonis Hestia à 198 € sur Amazon



Découvrir l’offre

Voici le Vaonis Hestia à 249 € chez Nature & Découverte



Découvrir l’offre


Source:

www.frandroid.com

Annonce publicitairespot_img

Derniers articles

Annonce publicitairespot_img