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INFO BFM BUSINESS. Comme pour le pétrole, le gouvernement étudie la création d’une réserve stratégique pour le gaz

INFO BFM Business. La direction générale de l’énergie et du climat discute depuis plusieurs mois avec Engie de sanctuariser une partie des stocks de gaz qui serait utilisée en cas de crise.

La souveraineté énergétique nécessite des moyens d’action. La France importe 98% du gaz qu’elle consomme. La guerre en Iran ne remet pas en cause son approvisionnement: environ 5% du gaz provient du Qatar et passe par le détroit d’Ormuz. Mais depuis un mois, les prix du gaz ont doublé et pèsent sur le déficit, déjà important, de la balance commerciale.

Selon plusieurs sources, le gouvernement réfléchit à la création d’une réserve stratégique de gaz depuis quelques mois. Des discussions ont été engagées avec le principal opérateur des stocks, Storengy, filiale du gazier Engie. L’enjeu n’est pas tant l’approvisionnement car les risques de pénurie sont faibles.

« Cela permettrait de mieux gérer les stocks et d’utiliser cette réserve pour détendre les prix quand ils flambent », explique à BFM Business une source impliquée dans les discussions.

C’est ce que la France, a fait mi-mars en libérant des stocks de pétrole, décidé par l’Agence internationale de l’énergie, pour tenter de stopper la flambée des prix.

Ce sujet flotte depuis 2022 et le déclenchement de la guerre en Ukraine qui a poussé les pays européens à cesser leurs importations de gaz russe.

« Des discussions durent depuis plusieurs mois, confirme Alberto Da Silva, délégué CFDT au sein de la filiale d’Engie. Les enjeux sont de savoir qui achète le gaz et qui décide de sa gestion entre Storengy et l’Etat. »

Cette réserve pourrait représenter 10% des stocks

A cause de la guerre en Iran, le gouvernement semble plus ouvert à l’idée, selon plusieurs sources proches d’Engie. Contacté, le ministère de l’Economie n’a pas souhaité commenter nos informations. Car jusqu’ici, la Direction Générale de l’Energie et du Climat (DGEC) n’y semblait pas très favorable, ne voyant pas l’intérêt pour la France de financer l’achat de stocks alors que le risque de pénurie était, jusqu’ici, très faible.

Cette réserve stratégique pourrait représenter environ 10% des stocks déjà existants, qui sont de l’ordre de 120 TerraWhattheures (TWh) mais ne sont jamais remplis à 100%. Elle pourrait ainsi peser une dizaine de TWh et coûter plus de 10 milliards d’euros aux cours actuels qui ont doublé en un mois.

L’un des enjeux consiste aussi au bon timing pour ne pas payer trop cher cette réserve lors de sa constitution.

« En anticipation de crises futures et en dehors de la période actuelle, la mise en place dans les années à venir d’un stockage stratégique de gaz permettrait de prévenir une rupture physique d’approvisionnement », justifie-t-on chez Engie.

Sa filiale Storengy y voit aussi l’opportunité de réduire ses stocks, bien supérieurs à la consommation.

Un amendement a déjà été rejeté au Sénat

Le projet a déjà été soumis fin janvier dans un amendement déposé par le sénateur LR de l’Ain, Patrick Chaize. Rejeté, il pourrait revenir dans les débats à l’Assemblée nationale. Cet amendement précise d’ailleurs que les « opérateurs de stockage bénéficient d’une compensation pour la constitution des stocks stratégiques ». Car les opérateurs seraient mis à contribution comme cela est le cas pour le pétrole.

Depuis 1988, les pétroliers ont créé la « Sagess », société anonyme de gestion des stocks de sécurité, sous l’égide des pouvoirs publics. Les opérateurs sont actionnaires de cette société et financent donc ces stocks qui représentent 29,5% de la consommation d’essence et de diesel en France.

Leur « mise sur le marché est décidée par l’Etat et réalisée par les opérateurs », précise la Sagess. Ces stocks sont financés par une taxe de 1 centime/litre, soit 550 millions d’euros en 2025. Les raffineurs et pétroliers ont le droit de prélever ces stocks, sur autorisation de la DGEC, pour une période d’un mois après laquelle ils doivent les remplir. Le modèle, éprouvé depuis 40 ans, pourrait être dupliqué pour des futurs stocks stratégiques de gaz.


Source:

www.bfmtv.com

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