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Inde : saisie de 20 000 faux best-sellers, un réseau de piratage démantelé

À Delhi, l’affaire commence comme une plainte classique, déposée le 14 mars, et se termine par la mise au jour d’une chaîne clandestine complète. Comme le rapporte The Indian Express, la section criminelle a saisi 20.137 exemplaires contrefaits lors d’une opération menée à Rohini, avant de remonter jusqu’à une unité d’impression d’Anand Parbat. Des romans d’Arundhati Roy, Haruki Murakami, Yuval Noah Harari, James Clear ou Daniel Kahneman figuraient dans les stocks interceptés.

Le dossier décrit moins un débordement artisanal qu’un circuit structuré. D’après The Indian Express, toujours, la police attribue à Jwala Prasad Soni, 67 ans, « un rôle central dans l’impression, le stockage et l’approvisionnement de livres contrefaits ». Une mécanique intégrée, où le faux tirage ne relève plus du simple étal de rue, mais d’une logistique pensée pour reproduire, entreposer puis écouler des titres protégés par le droit d’auteur.

Du trottoir à l’atelier

Le premier coup de filet, à Rohini Sector 16, aboutit à la récupération de 8.593 volumes. Une seconde perquisition dans un autre local voisin en ajoute 11.544, ce qui porte bien le total à 20.137 exemplaires. L’enquête se poursuit ensuite vers Anand Parbat, où les policiers retrouvent deux machines d’impression, ainsi que des négatifs de quatre titres piratés et douze plaques d’impression. 

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Selon Penguin Random House India, l’intervention, conduite avec Simon & Schuster India et Hay House, a visé « une opération sophistiquée et de grande ampleur ». L’éditeur souligne aussi qu’il s’agit de l’une des plus importantes saisies récentes dans la capitale indienne.

De quoi déplacer sensiblement l’ampleur de la contrefaçon : elle ne mordait pas seulement sur quelques ventes réalisées sous le manteau. Elle s’en prenait à des nouveautés, des long-sellers et des signatures mondiales sur plusieurs catalogues à la fois.

Le détail des auteurs visés dit assez la rentabilité recherchée. Dans son communiqué, l’éditeur cite des ouvrages d’Arundhati Roy, Yuval Noah Harari, Haruki Murakami, Simon Sinek, James Clear ou Daniel Kahneman. Autrement dit, des livres immédiatement identifiables, déjà installés en librairie, assez demandés pour justifier l’achat d’un original, puis sa reproduction en série. Le faux tirage suit ici la notoriété des écrivains.

Le prix exact du piratage

La parole des éditeurs, dans ce contexte, serre le sujet au plus près de ses conséquences économiques. Manoj Satti déclare, dans le communiqué publié par Penguin Random House India, que « le piratage n’est pas un crime sans victime : il frappe directement les auteurs, les éditeurs, les lecteurs et l’ensemble de l’écosystème créatif ». 

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C’est que le suspect n’en était pas à son premier dossier : une affaire analogue avait déjà été enregistrée contre lui en 2011 au titre du Copyright Act. La récidive éclaire la profondeur du problème. Elle suggère des savoir-faire conservés, des débouchés toujours présents et une capacité de reconstitution qui dépasse largement la seule saisie de mars. La police dit d’ailleurs poursuivre ses investigations pour identifier d’autres personnes liées au réseau.

Reste la méthode, simplissime : pour fabriquer ces milliers d’exemplaires, l’homme achetait d’abord un livre authentique, puis en lançait la reproduction… Bel investissement.

Crédits photo : hhach, CC 0

 

Par Nicolas GaryContact : ng@actualitte.com


Source:

actualitte.com

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