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Ils font bouger Paris : dix personnalités et un collectif qui rafraîchissent le monde de la culture

Elles ou ils dirigent le Palais de la Porte-Dorée ou le cinéma Alice-Guy, féminisent le monde du stand-up, créent à Aubervilliers ou électrisent la scène des Champs-Élysées… Zoom sur quelques figures de la culture à Paris.

Photo Jean-François Robert pour Télérama

Par Sophie Bourdais, Rossana Di Vincenzo, Charlotte Fauve, Léa Bucci, Fabienne Pascaud, Kilian Orain, Adèle Buijtenhuijs, Tiphaine Le Roy

Publié le 10 avril 2026 à 14h00

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Alice Vivier : la Maison des métallos

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Photo Jérome Lobato

Elle avait seulement 22 ans quand elle a fondé sa première salle de spectacle parisienne, en 2002. Nombre de places  ? Vingt-cinq. « J’y ai tout appris  : à faire la régie comme l’administratif  ! » se souvient Alice Vivier. En 2008, elle acquiert avec Lucas Bonnifait (aujourd’hui directeur du Théâtre 13, à Paris) une salle un peu plus spacieuse. Cette expérience, menée sous le nom de la Loge, devient vite une référence pour la découverte de nouveaux artistes, au théâtre comme en musique. Résidente de longue date du 11e arrondissement, Alice Vivier est à la tête de la Maison des métallos depuis 2024. Elle apprécie ce lieu – une ancienne fabrique d’instruments de musique, puis un temple du syndicalisme – pour l’histoire ouvrière et sociale qu’il charrie. S’y croisent des publics d’horizons très différents, certains venus pour la librairie, qui ouvre sur la rue, d’autres pour un spectacle qui aborde un sujet de société. Alice Vivier a aussi mis l’accent sur les propositions gratuites et familiales, afin que cet espace de culture devienne un lieu de vie pour tous. — T.L.R.

Francesca Corona : le Festival d’automne

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Photo Juliette Abitbol

Italienne rayonnante, Francesca Corona, 47 ans, a impulsé ses radicalités féministes et son goût des formes engagées au Festival d’automne. Elle y est, depuis 2022, directrice artistique pour le théâtre, la danse et les arts visuels. C’est par la politique, en courant les squats romains sous Berlusconi, que cette étudiante en histoire du théâtre a découvert les communautés d’artistes et le désir de travailler pour eux. En 2006, elle cofonde le Short Theatre Festival à Rome, le codirige jusqu’en 2020. La pasionaria aux goûts éclectiques défend les créateurs qui « sont traversés par leur époque ». Pour elle, Paris est une ville-monde où doivent se vivre diversité et solidarité  : « L’émotion éprouvée collectivement dans une salle peut nous faire imaginer les choses les plus incroyables. » Chaque automne, elle programme dans toute la ville quatre-vingts projets internationaux décapants. — F.P.

Valentine Mabille : Fourchette suisse

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Photo Fifou

Lorsqu’elle crée Fourchette suisse, sa société de production, en 2018, elle a la conviction que le monde de l’humour a changé et qu’il est temps pour les producteurs d’en faire autant. « Je suis une boîte à outils, un couteau suisse au féminin, d’où le nom. Je me mets à la disposition des artistes qui veulent s’autoproduire. Mon métier, c’est de leur libérer du temps de cerveau disponible », lance Valentine Mabille, 36 ans et déjà un CV bien rempli. Le virus de l’humour, elle l’a attrapé au début des années 2010, alors étudiante en école de commerce, en côtoyant Kyan Khojandi, Navo, Kheiron ou Yacine Belhousse au feu Bordel Club. Elle a fait ses armes plus de dix ans durant dans le milieu en testant tous les corps de métier — de la presse à la régie, en passant par la communication. Laura Domenge, Tahnee, Mahaut Drama, Lou Trotignon… Aujourd’hui elle s’occupe des humoristes les plus enthousiasmants de la scène actuelle, produisant uniquement des artistes et spectacles qui ont du sens. — R.D.D.

Thomas Escaffre : la Scène Barbès

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Photo Gianni Gaffino

Difficile – voire impossible – de passer après Shirley Souagnon et son Barbès Comedy Club, ouvert en 2019  ? Thomas Escaffre a su relever le défi haut la main  ! À 35 ans, le jeune producteur et directeur artistique des lieux — repris en octobre 2022 et rebaptisé la Scène Barbès — a réussi le pari de conserver l’esprit d’inclusivité, de diversité et de parité lancé par sa prédécesseuse, tout en y ajoutant sa patte. En moins de quatre ans, Escaffre, qui a débuté il y a un peu plus d’une décennie comme chargé de billetterie à l’ex-Théâtre du Temple (désormais Apollo Théâtre), avant de se former à la production, a su rendre à la petite « maison du stand-up » du 18e arrondissement son statut de meilleur comedy club de Paris. Où l’exigence artistique, la convivialité et la bienveillance sont reines. — R.D.V.

Baptiste Charroing : le Théâtre des Champs-Élysées

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Photo Cyprien Tollet

Patron du Théâtre des Champs-Élysées (TCE) depuis la saison 2025-2026, Baptiste Charroing a fait évoluer en douceur cette « maison de musique » qu’il connaissait de l’intérieur, pour en avoir été, à partir de 2020, le directeur de production. Tout en conservant les grandes lignes (opéra, concert, danse) de la programmation et les artistes chouchoutés par le public, il a introduit des améliorations substantielles. Comme la rénovation de l’éclairage de la salle et l’aménagement d’espaces publics plus accueillants, dans le respect du style Art déco. La place faite aux créatrices s’est élargie, sur scène, dans la fosse d’orchestre, et jusque dans la chaleureuse identité visuelle du TCE, confiée à l’artiste Malika Favre. Et l’offre jeunesse s’est développée, non seulement en direction des familles, mais aussi des moins de 30 ans, destinataires d’avant-premières réservées et de places qui n’excèdent pas 20  €. De quoi séduire de nouveaux publics, sans faire fuir les habitués. — S.Bo.

Victor Courgeon : le Cinéma Alice-Guy

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Photo Hervé Boutet

Passé par la médiation et le développement des publics dans une salle du sud-ouest de la France (dont il est originaire), puis par le Méliès de Montreuil, Victor Courgeon, 31 ans, déjà patron du Ciné Malraux de Bondy, réalise aujourd’hui « un rêve »  : ouvrir un cinéma de six salles à Bobigny, baptisé du nom de la première réalisatrice de l’histoire, Alice Guy. « Ça n’arrive qu’une fois dans une vie », souffle-t-il. Ce territoire à l’est de Paris, il le connaît bien. À la Fémis (section exploitation), il consacrait son mémoire aux « Cinémas publics de Seine-Saint-Denis et leur avenir au sein du Grand Paris ». Amateur de comédies romantiques, il défend une salle « fédératrice et conviviale », qui mélange les arts et les populations, à l’image du nouveau complexe de Bobigny. Parrainé par Jean-Pascal Zadi, il a été pensé comme un lieu culturel à part entière  : programmation éclectique et abordable, événements (concerts, ciné-clubs) et café-librairie. — A.B.

Jean Robert-Charrier : le Théâtre de la Porte Saint-Martin

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Photo Christophe Martin/Festival D’A

Dix-sept ans qu’il dirige savamment le Théâtre de la Porte Saint-Martin et, depuis 2024, les Bouffes parisiens. Dix-sept ans que Jean Robert-Charrier, 43 ans, fait bouger les lignes du théâtre privé à Paris, longtemps endormi par d’obscures créations de boulevard. Si les têtes populaires restent de mise, d’Amanda Lear au duo Josiane Balasko-Marilou Berry, il a entamé un virage vers des spectacles exigeants venus du théâtre subventionné. Tels ceux de Joël Pommerat, son exemple phare. « Cette porosité entre les théâtres privé et public n’avait rien de naturel au début », rappelle-t-il. Qui a essuyé des coups de la part de ses concurrents, suspicieux, voire hostiles, face à ce jeune inconnu arrivé de Tours ayant si vite gravi les échelons. Embauché en 2004 comme déchireur de billets, il est devenu en moins de cinq ans directeur d’un des plus grands théâtres de Paris. — K.O.

Les 270 artistes de Poush

Kenia Almaraz Murillo, tisseuse.

Kenia Almaraz Murillo, tisseuse. Photo Luis Alejandro Cuellar Varona

La tisseuse d’origine péruvienne Kenia Almaraz Murillo ou la peintre Madeleine Roger-Lacan, héritière du surréalisme, y ont leur atelier. À l’instar de deux cent soixante-dix artistes d’une trentaine de nationalités qui ont posé palettes et pinceaux à Poush. Ce vivier de créateurs fonctionne sur un modèle simple  : investir, de manière temporaire, des bâtiments vacants, en attente de reconversion ou entre deux usages — au prix d’un déménagement tous les trois ans environ. Après Clichy, la pépinière artistique a pris ses quartiers en Seine-Saint-Denis, à Aubervilliers, au sein du parc tertiaire Icade, entre un immeuble contemporain et une ancienne halle de stockage à la façade de briques rouges. Le restaurant et la discothèque sont ouverts au public. Pour un pot, un billard, et surtout pour rencontrer les artistes. — C.F.

Poush, 4, rue du Sucre, Aubervilliers (93)

Constance Rivière : le Palais de la Porte-Dorée

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Photo Cyril Zannettacci/VU’

Parmi les musées ayant connu un record de fréquentation en 2025, le Palais de Porte-Dorée caracole en tête, porté par la réussite de l’exposition « Banlieues chéries » et ses cent cinquante mille visiteurs. Un record depuis la création de l’institution en 2007. Fait notable, la moitié du public a moins de 26 ans. Cet enthousiasme et ces chiffres doivent beaucoup à la nouvelle dynamique impulsée par sa directrice, Constance Rivière, et son équipe. Cette haute fonctionnaire, ancienne conseillère et directrice adjointe du cabinet du président François Hollande, romancière à ses heures, s’emploie à faire du Musée national de l’histoire de l’immigration un lieu plus convivial et ouvert, avec une ambition salutaire en ces temps de repli identitaire  : recharger positivement l’imaginaire de l’immigration. — C.F.

Sandrina Martins : le Carreau du Temple

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Photo Anaïs Costet

Elle a fait du Carreau du Temple un spot incontournable pour les fans de danse et de performance. En 2015, Sandrina Martins, jeune quinqua notamment passée par la Ménagerie de verre et la saison « Marseille, capitale européenne de la culture », a repris les rênes de cette célèbre halle destinée à la culture et au sport. « On crée l’émulation autour d’un lieu grâce à la diversification des activités, explique-t-elle. Et ça passe par l’ouverture des espaces toute la journée. » Pari réussi. La programmation pluridisciplinaire du Carreau propose une multitude de cours hebdomadaires de danse (vingt-sept), de musique, de théâtre, de sport et de bien-être confiés à des associations  ; une saison de spectacle  ; et deux festivals par an (Everybody et Jogging). Le tout guidé par un fil directeur audacieux et engagé, qui fait une belle place aux artistes défendant les luttes sociales, antiracistes, LGBT et féministes, chères à sa directrice. — B.M

Lola Frichet : More Women on Stage

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Photo NKruma

Le cri du cœur de Lola Frichet est devenu un message viral. Grâce à cette bassiste autrice-compositrice, les salles de concerts fleurissent désormais de tee-shirts estampillés « More Women on Stage », « More Women Backstage » (« Plus de femmes sur scène », « Plus de femmes en coulisses »). Des mots qu’elle a scotchés au dos de son instrument en 2021, constatant qu’elle était la seule femme sur la scène d’un festival où se produisait son groupe de punk, Pogo Car Crash Control  : « Je voulais pointer ce qui n’allait pas et dire à mes paires mon soutien. » Depuis 2022, cette chaleureuse rockeuse, qui a longtemps évolué dans des cercles très masculins, préside l’association féministe nommée d’après son slogan, qui gère le festival parisien More Womxn on Stage. La 5e édition, en juin, programme plus de 75  % de femmes et de minorités de genre, appuyées par 100  % de techniciennes. — L.B.

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Source:

www.telerama.fr

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