La porte-parole du gouvernement et ministre de l’Énergie Maud Bregeon a de nouveau balayé l’idée d’un blocage des prix des carburants à la pompe et de toute aide universelle pour faire face à la crise énergétique provoquée par la guerre au Moyen-Orient. Elle a toutefois confirmé que de nouvelles aides ciblées vont être annoncées dans les prochains jours.
Pas question de céder aux appels à bloquer les prix à la pompe pour le gouvernement. Face à la flambée des prix des carburants provoquée par la guerre au Moyen-Orient, la porte-parole du gouvernement et ministre de l’Énergie Maud Bregeon a réaffirmé la stratégie visant à cibler les secteurs les plus touchés, en particulier les travailleurs, comme les routiers, les taxis ou encore les aides-soignants.
« Il n’y aura pas d’aide universelle, il n’y aura pas de blocage des prix », a martelé ce mardi avril la porte-parole du gouvernement et ministre de l’Énergie Maud Bregeon au micro de BFMTV et RMC.
« On continue de demander à nos distributeurs d’être les plus raisonnables possibles », a-t-elle souligné. « Depuis le départ, on n’observe pas de marges indues pour les distributeurs, les marges qu’ils affichent aujourd’hui sont sensiblement les mêmes que celles qu’ils affichaient au début du conflit ».
De nouvelles aides bientôt annoncées
Fin mars, le gouvernement a dévoilé un arsenal de mesures ciblées, limitées au mois d’avril 2026, pour soutenir les secteurs d’activité les plus touchés par la crise énergétique, pour un coût total d’environ 70 millions d’euros, financé par des annulations de crédits ministériels.
« Un nouveau dispositif d’aides annoncé dans les jours à venir », a précisé Maud Bregeon, confirmant l’engagement pris par le Premier ministre Sébastien Lecornu la semaine dernière à Bordeaux. Mais ces aides demeureront ciblées. « On n’abandonnera personne, mais on dépensera pas de l’argent qu’on n’a pas », avait-t-il dit.
« Nous avons décidé de cibler les aides vers les français qui travaillent, vers les français en difficultés », a insisté Maud Bregeon, citant notamment les aides-soignantes et les aides à domicile.
Pas de budget rectificatif en vue
Interrogée sur l’hypothèse d’un budget rectificatif pour faire face à la crise, la porte-parole du gouvernement a rejeté ce scénario, considérant qu’il profiterait davantage au Rassemblement national qui veut « imposer [son] idée d’une TVA sur les produits énergétiques à 5% ». Une mesure qui coûterait 12 milliards d’euros à l’État selon Maud Bregeon.
« Ce que le consommateur ne paie pas à la pompe demain, le contribuable le paierait après-demain par des baisses de crédits sur certains services publics ou par des hausses d’impôts. », a-t-elle poursuivi.
« Prenez l’exemple de l’Italie, [elle] a fait une remise à la pompe qu’elle a prolongée (…) en coupant des crédits sur des services publics essentiels. Il n’y a pas d’argent magique ».
En Italie, le gouvernement de Giorgia Meloni a mis en place un dispositif centré sur une baisse des droits d’accise d’environ 25 centimes par litre sur l’essence et le diesel, prolongée jusqu’au 1er mai. Cette mesure, financée à hauteur d’environ 500 millions d’euros, s’appuie notamment sur des recettes supplémentaires de TVA liées à la hausse des prix de l’énergie, comme l’expliquent les médias italiens.
Toutefois, la presse italienne souligne que l’effet réel est resté limité: la hausse simultanée des cours du pétrole a en grande partie absorbé le gain attendu, maintenant des prix souvent supérieurs à 2 euros le litre pour le diesel dans plusieurs régions. Même s’ils restent inférieurs par rapport à la France.
« Pas de problèmes d’approvisionnement »
Alors que près d’une station-service sur cinq connaît une rupture de stock sur un ou plusieurs carburants après le week-end prolongé de Pâques, la ministre de l’Énergie a malgré tout considéré qu’il n’y a « pas de problèmes d’approvisionnement, pas de problèmes dans les raffineries ».
« Ces difficultés sont dues à des problématiques logistiques, de transport », a-t-elle ajouté, notamment dans les stations du réseau TotalEnergies, qui a plafonné le prix des carburants, ce qui s’est traduit par une affluence accrue dans ses stations.
« 83% des stations dans lesquelles il y a des difficultés sont des stations du réseau TotalEnergies », a poursuivi la ministre.
Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le géant pétrogazier plafonne le prix de l’essence à 1,99 euro le litre et du prix du diesel à 2,09 euros le litre dans ses 3.300 stations-service en métropole. Cette mesure était prévue jusqu’à ce mardi par le distributeur.
Dans les autres stations, le taux de rupture d’au moins un carburant n’est que d’environ 4%, a assuré Maud Bregeon.
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