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Guerre en Iran : la victoire introuvable de Donald Trump

Il est plus facile de déclencher une guerre que d’y mettre fin. Donald Trump en fait l’expérience douloureuse avec les débuts particulièrement laborieux du cessez-le-feu annoncé mardi 7 avril avec l’Iran, qui vise à trouver une issue au conflit déclenché conjointement par Israël et les Etats-Unis le 28 février. Divergences sur le cadre des négociations, sur l’extension ou non de ce cessez-le-feu au Liban, qui a été la cible le même jour de nouveaux bombardements israéliens particulièrement meurtriers : la voie de l’apaisement apparaît singulièrement étroite.

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Cette confusion tient à l’empressement manifesté par le président des Etats-Unis à se sortir du piège dans lequel il s’est lui-même précipité. Après une escalade verbale et des menaces aux accents génocidaires qui lui ont attiré de sévères critiques, jusqu’au Vatican, Donald Trump a déclaré qu’un document en dix points résumant les positions maximalistes de l’Iran constituait « une base solide sur laquelle négocier ». Ces positions sont pourtant incompatibles avec celles défendues par un président qui exigeait il y a peu une « reddition complète » de Téhéran.

Tout indique pourtant que le moment est venu de donner une nouvelle chance à la diplomatie. Le bilan de près de six semaines de bombardements particulièrement intensifs a souligné les limites de la force. Trois objectifs avaient été avancés par Donald Trump pour justifier le déclenchement de cette guerre. Il s’agissait du renversement du régime en place à Téhéran, de nouveaux coups portés contre un programme nucléaire pourtant présenté comme « anéanti » au terme de la courte guerre de juin 2025 déjà lancée par l’Etat hébreu et enfin de la mise hors d’état de nuire des capacités balistiques iraniennes.

Point de contentieux supplémentaire

Le président des Etats-Unis et son secrétaire à la guerre, Pete Hegseth, ont claironné le 7 avril un succès total, mais la réalité leur résiste opiniâtrement. L’arrivée aux commandes du régime iranien d’une nouvelle génération de dirigeants à la suite de la décapitation de la direction politique et militaire précédente a témoigné de ses capacités de résistance. La guerre n’a pas permis aux Etats-Unis de mettre la main sur un stock d’uranium hautement enrichi à 60 %, probablement enterré lors des bombardements de 2025. Les effets dévastateurs des drones iraniens ont été sous-estimés, et le programme balistique en bonne partie laminé par les frappes américaines et israéliennes pourra être relancé une fois que les armes se tairont définitivement.

Surtout, la guerre a généré un point de contentieux supplémentaire avec la fermeture du détroit stratégique d’Ormuz par le régime de Téhéran et sa prétention d’imposer désormais un droit de passage qui relève du racket pur et simple. Cette fermeture pourtant prévisible a eu un effet démultiplicateur sur l’économie mondiale, jusqu’à faire poindre le risque d’une récession.

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Il est toujours difficile pour des belligérants de passer du registre de la guerre à celui de la négociation. Le régime iranien est réputé pour sa capacité à négocier sans autre objectif que celui de gagner du temps. Mais les Etats-Unis ont écorné leur crédit en faisant mine de s’engager dans des pourparlers, en février, alors qu’ils avaient déjà fait le choix de la guerre. L’alternative à un échec des discussions qui doivent s’ouvrir le 10 avril, la poursuite de la guerre, le maintien du verrou iranien sur Ormuz et la déstabilisation chronique du Golfe, ne ferait pourtant que des perdants.

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Le Monde


Source:

www.lemonde.fr

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