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AccueilLivres & LittératureFuturs adultes : ce que veulent vraiment les jeunes lecteurs en 2026

Futurs adultes : ce que veulent vraiment les jeunes lecteurs en 2026

À rebours d’une vision strictement scolaire, l’étude menée par Babelio du 3 au 23 mars 2026 auprès de 16.563 répondants, recrutés en ligne via ses relais et les réseaux sociaux, montre une littérature jeunesse prise dans trois mouvements simultanés : une pratique d’achat massive, une lecture adulte assumée et une circulation très forte entre librairie, médiathèque et prescription numérique.

Les premiers chiffres posent le décor : 72 % des femmes et 96 % des parents achètent des livres jeunesse ; 84 % des acheteurs les lisent aussi ; 46,9 % disent en acquérir « pour moi ».

Lire pour transmettre, lire pour soi

Les réponses ouvertes donnent aussitôt une texture concrète à ces usages. À la question des raisons de lecture, Babelio relève que 71,3 % lisent « pour [leur] propre plaisir », 40,6 % « accompagnent [leurs] enfants dans leurs lectures » et 32,1 % lisent comme « prescripteur de littérature jeunesse ».

Les commentaires sur l’emprunt prolongent ce tableau : « C’est gratuit et au moins les livres empruntés ne seront pas lus qu’une fois puis oubliés » ; « Avoir régulièrement accès à des nouveaux livres gratuitement » ; « Grands lecteurs donc permet gratuitement de découvrir plein de livres » ; « Éventail de choix. Il y en a pour tous les goûts » ; « Grande diversité des œuvres proposées dans la multitude des bibliothèques » ; « La possibilité de rotation rapide. Pouvoir avoir toujours de la nouveauté. » N’en jetez plus !

La logique économique n’efface donc pas le désir de lecture, elle l’organise. 24,4 % des acheteurs dépensent moins de 10 € par mois, 43 % entre 10 et 25 €, et 42 % estiment que ce budget « tend à augmenter », contre 12 % seulement qui le voient baisser.

Lorsque Babelio interroge les freins à l’achat, le verdict tombe : « prix » à 59 %, devant le « manque de place » à 38 %. Les citations recueillies dans l’enquête précisent ces arbitrages,v is-à-vis de l’emprunt en bibliothèque, notamment : « Cela permet de découvrir des livres sans trop de crainte d’être déçue » ; « Si certains livres sont vraiment appréciés, on peut les acheter ensuite » ; « Ça me permet de tester des livres sur les enfants, puis je les achète alors si les enfants les demandent beaucoup » ; « Les enfants lisent beaucoup et je n’ai plus de place pour stocker les livres » ; « Nous n’avons pas la place d’acheter et de stocker autant de livres. »

L’étude met en évidence cette articulation entre achat et emprunt. Babelio indique ainsi que la bibliothèque représente la source principale de lecture jeunesse pour 40 % des répondants ; 41 % des emprunteurs jugent même que cette part « tend à augmenter ».

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Là encore, les mots des lecteurs résument l’enjeu : « Bibliothèque très fournie à proximité du domicile » ; « C’est un lieu facilement accessible pour nous, ou l’enfant peut faire ses choix sans qu’il ne soit question de restriction ou de prix à payer » ; « L’un de mes enfants a découvert des collections qu’il aime beaucoup de cette manière. » La médiathèque apparaît ainsi comme lieu d’essai, d’accès et de relance de l’achat.

L’imaginaire domine, mais les attentes se précisent

Sur les formats, l’étude place en tête les romans jeunesse à 75 %, les bandes dessinées à 64 % et les albums illustrés à 59 %. Sur les registres, l’aventure s’impose à 61 %, devant la fantasy-fantastique à 55 % et les contes revisités à 53 %. Le commentaire de Babelio, « l’imagination au pouvoir », résume bien une préférence marquée pour les récits d’évasion et d’univers. Pour autant, les acheteurs ne congédient pas les contenus plus ancrés : interrogés sur la place idéale des sujets de société, ils fixent le partage à 44 %, contre 56 % pour le « simple divertissement ».

C’est sur ce point que les demandes les plus nettes émergent. Parmi les 4009 acheteurs qui souhaitent une offre plus riche, 67 % citent la santé mentale, 57 % les handicaps, 57 % la diversité, 55 % le harcèlement et 50 % l’écologie.

En parallèle, 85 % jugent la représentation de la diversité « essentielle » ou « importante », et 56 % estiment que le handicap manque encore dans les livres. Le cœur de l’attente tient dans cette série même : « santé mentale », « handicaps », « diversité », « harcèlement », « écologie », mais aussi « situations sociales variées », « neurodivergences », « personnages racisés », « familles diverses ».

L’étude pointe aussi une contradiction fertile. 84 % des répondants refusent l’idée qu’il existerait des « lectures de filles » et des « lectures de garçons ». Mais 22 % reconnaissent que leurs choix diffèrent encore selon le sexe de l’enfant. Cette tension entre principe et pratique se retrouve dans la sélection des titres : 58 % des parents disent choisir « ensemble » avec l’enfant, 25 % choisissent principalement eux-mêmes, 15 % laissent l’enfant décider seul. L’autonomie progresse, mais elle demeure accompagnée.

Entre héros connus et prescriptions éclatées

Les demandes enfantines pèsent lourd dans l’équation. 75 % des parents disent que leur enfant réclame des livres avec « des héros qu’il connaît » ; 47 % achètent parfois des ouvrages tirés de licences non littéraires ; et, parmi eux, 64 % le font « à la demande explicite de l’enfant ».

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Les verbatims consacrés aux séries en donnent la version sensible : « Le plaisir de retrouver et voir évoluer les mêmes héros et héroïnes » ; « On apprend à connaître tous les personnages » ; « Mon neveu apprécie de suivre les personnages. » Ceux qui préfèrent les one-shots répondent autrement : « Varier les univers » ; « Pas envie de lire toujours la même chose ou d’attendre une suite » ; « Les séries finissent souvent par s’essouffler » ; « Les séries ont un coût trop élevé. »

La découverte des nouveautés, elle, reste d’abord incarnée. 61 % des acheteurs repèrent des livres jeunesse dans les points de vente, 55 % sur Babelio, 53 % en bibliothèque et 32 % sur Instagram. Dans la liste des médias jugés influents, Instagram recueille 930 mentions, devant Babelio à 581 et YouTube à 222 ; 41 % des acheteurs se disent par ailleurs sensibles aux recommandations de créateurs de contenu littéraire. Le livre jeunesse se découvre donc à la croisée de la « librairie », de la « bibliothèque », de « Babelio », d’« Instagram » et de « Youtube ».

Les constats de Babelio prolongent utilement des études publiques plus larges. Selon une étude menée pour le Centre national du livre en 2024, 81 % des jeunes de 7 à 19 ans lisent encore des livres pour leurs loisirs en 2024, mais près d’un sur cinq ne lit pas du tout par goût personnel ; chez les 16-19 ans, cette part atteint 38 %.

Le ministère de la Culture relève le même décrochage adolescent. De son côté, le baromètre 2025 des Français et la lecture, publié par le CNL, rappelle que les 15-24 ans restent le public le plus fragile face à la lecture régulière. L’intérêt du travail de Babelio tient alors à sa focale précise : il documente ce qui continue de faire entrer les livres jeunesse dans les foyers — le plaisir, l’essai, la médiation parentale, la bibliothèque et la recommandation.

L’étude est à consulter directement ci-dessous.

Crédits photo : Contes Monsieur – Madame, par Adam Hargreaves – ActuaLitté, CC BY SA 4.0

 

 

Par Nicolas GaryContact : ng@actualitte.com


Source:

actualitte.com

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