Depuis ses débuts, l’écrivaine avait fait le choix de l’anonymat, allant jusqu’à apparaître en public avec une perruque et des lunettes. « Mon objectif était de garder cela secret jusqu’à ce que je sois prête à prendre du recul par rapport à mon travail de médecin, pour éviter que tout mon entourage professionnel ne soit au courant et que cela ne compromette ma capacité à faire mon travail », assure la romancière.
Une « double vie à la Hannah Montana »
Derrière ce pseudonyme se cache en effet Sara Cohen, médecin spécialisée dans les troubles cérébraux. Pendant plusieurs années, elle a ainsi mené une existence digne d’un scénario : médecin le jour, autrice à succès le reste du temps – une situation qu’elle compare à une « double vie à la Hannah Montana ».
Avec le succès croissant de ses livres, le secret est devenu de plus en plus difficile à tenir. Entre adaptations en cours – un premier film La Femme de ménage, avec Sydney Sweeney et Amanda Seyfried, suivi d’une suite — et publications à succès, les interrogations se sont multipliées, avec notamment une rumeur, peu flatteuse : Freida McFadden serait-elle un IA ?
« J’en suis arrivée à un moment de ma carrière où je suis fatiguée que ce soit un secret. Je suis fatiguée que les gens se demandent si je suis une vraie personne ou si je suis trois hommes », a-t-elle partagé, avant d’être formelle : « Je suis une vraie personne, j’ai une vraie identité, et je n’ai rien à cacher. » Cette révélation s’inscrit aussi dans un changement de rythme.
Depuis fin 2023, Sara Cohen a fortement réduit son activité médicale : « Je ne travaille plus qu’une ou deux fois par mois », a-t-elle expliqué. Avec des dizaines de millions d’exemplaires vendus dans le monde, même une carrière de médecin finit par devenir accessoire – y compris pour rembourser ses études…
Derrière Freida, Sara Cohen apparaît
Elle reconnaît avoir atteint une forme de saturation : « Je me suis rendu compte que j’étais complètement submergée à essayer de faire les deux. » Ses collègues, mis dans la confidence, ont gardé le secret – certains étant même lecteurs de ses livres sans savoir qu’elle en était l’autrice. Elle dit même avoir commencé à apporter ses livres à l’hôpital.
Son nom de plume, Freida McFadden, est un pseudonyme : « freida » est l’acronyme de « Fellowship and Residency Electronic Interactive Database », une base de données permettant aux étudiants en médecine de trouver un internat ou une formation spécialisée, quant à « McFadden », comme elle l’a expliqué au Times en janvier dernier, elle voulait « quelque chose d’un peu humoristique ». En lisant le nom à l’oral, cela forme quelque chose comme: « free to make fun ».
Née le 1er mai 1980 à New York, Sara Cohen grandit dans un environnement médical, avec un père psychiatre et une mère pédiatre, aujourd’hui séparés. Elle a également un frère engagé dans le milieu musical. Désormais installée à Boston, elle partage sa vie avec son mari, ingénieur, et leurs deux filles. Avant de connaître le succès en librairie, elle s’est d’abord imposée dans le monde de l’autoédition, publiant des romans depuis plus de vingt ans – un parcours qui explique en partie la richesse de son catalogue et sa capacité à enchaîner les publications.
Ce dévoilement intervient alors que sa carrière continue de s’accélérer. Un nouveau thriller, L’intruse, est attendu en mai 2026 chez City Éditions, confirmant une productivité déjà très remarquée. Ironiquement, la réalité derrière le mystère est, selon elle, bien moins spectaculaire que ses intrigues : « C’est beaucoup plus banal que ce qui se passe dans mes livres. »
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De best-seller à carton cinéma
L’adaptation cinématographique de La femme de ménage s’est imposée comme un succès inattendu au box-office. D’abord lancé avec plus de 133 millions de dollars de recettes mondiales en quelques semaines, le film a poursuivi sa carrière pour dépasser les 240 millions de dollars à l’international. Aux États-Unis, il cumule environ 76 millions de dollars, tandis qu’en France, l’adaptation a attiré plus de 4,4 millions de spectateurs.
Dans ce thriller domestique, Sydney Sweeney incarne Millie, une jeune femme tentant d’échapper à un passé trouble et qui accepte un poste de gouvernante dans une riche demeure. Ce qui devait être une chance de repartir à zéro se transforme peu à peu en un enchevêtrement de manipulations, de secrets et de rapports de domination. Michele Morrone joue Enzo, le gardien du domaine, dont l’intervention devient déterminante pour la survie de l’héroïne.
Une suite est d’ores et déjà annoncée. Intitulée Les Secrets de la femme de ménage et adaptée du deuxième tome de la saga, elle replongera Millie dans une nouvelle maison, avec un environnement en apparence plus favorable, mais tout aussi menaçant.
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La série The Housemaid s’inscrit dans un phénomène éditorial global : les livres de Freida McFadden totalisent désormais plusieurs dizaines de millions d’exemplaires vendus dans le monde. Traduit dans quarante langues, le premier volume s’est vendu à plus de 2,8 millions d’exemplaires en France, contre plus de 2 millions pour le second, selon Edistat. Le dernier en date en France, en librairie depuis février, La locataire, s’est écoulé à 210.102 exemplaires.
Crédits photo : ActuaLitté, CC BY SA 4.0
Par Hocine BouhadjeraContact : hb@actualitte.com
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