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François Mabille, politiste : « Le voyage de Léon XIV en Afrique illustre qu’il ne s’agit plus seulement de soutenir le continent, mais de reconnaître sa centralité »

Le voyage du pape Léon XIV en Afrique, prévu du 13 au 23 avril, constitue bien davantage qu’une simple tournée pastorale. En parcourant successivement l’Algérie, le Cameroun, l’Angola et la Guinée équatoriale, le pontife s’inscrit dans une trajectoire historique longue, tout en révélant les lignes de fracture contemporaines du catholicisme mondial. Ce déplacement, dense − onze jours, douze villes et de multiples rencontres politiques, religieuses et sociales −, mêle célébrations liturgiques, dialogues interreligieux et échanges avec les autorités civiles.

Il illustre une mutation profonde : l’Afrique n’est plus une périphérie missionnaire, mais un espace central dans la redéfinition du catholicisme global. Avec environ 281 millions de fidèles, soit près de 20 % des catholiques du monde, l’Afrique s’impose désormais comme l’un des principaux pôles de développement du catholicisme. Cette dynamique démographique s’accompagne d’un poids institutionnel croissant : 18 cardinaux, une présence accrue dans le collège cardinalice [qui assiste le pontife dans le gouvernement de l’Eglise], plus de 770 évêques, près de 55 000 prêtres, et environ un tiers des séminaristes mondiaux.

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Le choix des pays visités illustre la diversité des configurations ecclésiales africaines. L’Algérie représente une Eglise ultra-minoritaire, réduite à quelques milliers de fidèles, dont la présence repose sur une logique de témoignage et de dialogue interreligieux. A l’opposé, le Cameroun, l’Angola et la Guinée équatoriale incarnent un catholicisme démographiquement structurant, profondément inséré dans les sociétés et les institutions. L’Eglise y joue un rôle public, notamment en matière d’éducation, de médiation politique et de cohésion sociale. Ce contraste met en évidence trois figures contemporaines du catholicisme africain : une Eglise de présence minoritaire, une Eglise médiatrice dans les crises et une Eglise majoritaire participant à la structuration du lien social.

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Source:

www.lemonde.fr

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