En France, on n’a toujours pas de pétrole, encore moins d’argent public, mais on a le titre-restaurant. Faute de pouvoir alléger la facture des automobilistes à la pompe, Serge Papin, le ministre des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l’artisanat et du pouvoir d’achat, a dégainé, comme ses prédécesseurs, cette cagnotte miracle, qui totalise 10 milliards d’euros de volumes émis.
Pourra-t-on payer son plein d’essence en coupons repas ? Quand même pas. En revanche, a annoncé le ministre, dimanche 5 avril dans Le Parisien, tous les salariés vont pouvoir dépenser leurs titres-restaurant le dimanche, même s’ils ne travaillent pas ce jour-là. Serge Papin y esquisse à grands traits une réforme de l’avantage salarial préféré des Français, placée sous le signe du « pouvoir d’achat » et de la « liberté ». Un texte sera déposé d’ici l’été pour être adopté « avant la fin de l’année », espère-t-il.
L’ancien patron de Système U est prévenu : une forme de malédiction plane sur ce chantier. Trois locataires de Bercy avant lui ont tenté de le mener à bien, sans pouvoir aller à son terme, même si les propositions se suivent et se ressemblent. Il s’agit d’abord d’enterrer les titres papier, synonymes de traitements administratifs coûteux. Mais il convient aussi de caler les usages de cet instrument de paiement, plus de soixante ans après sa création.
Il vous reste 56.9% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Source:
www.lemonde.fr




