La perspective d’une candidature commune de la gauche à la présidentielle de 2027 s’éloigne. Interviewé sur la chaîne LCI, dimanche 5 avril, le secrétaire national du Parti communiste français (PCF), Fabien Roussel, a estimé qu’il y avait « une rupture » avec La France insoumise (LFI), rendant impossible toute alliance avec le parti de Jean-Luc Mélenchon – « le pire candidat de second tour », selon lui.
Un appel avait pourtant été lancé, jeudi, par le coordinateur de LFI, Manuel Bompard, proposant aux écologistes et aux communistes un accord « sur le programme » et sur « les candidatures aux élections sénatoriales et législatives ». M. Roussel a expliqué que la proposition de M. Bompard le faisait « rire », regrettant qu’on tombe « dans la tambouille électorale ».
« Si c’est pour se parler de tractations sur des candidats communs, ce n’est pas ma priorité. Je ne veux pas, je n’y crois pas », a-t-il affirmé. Les revers électoraux qu’a subis la gauche aux élections municipales, « c’est à cause [de LFI] et ça, ça laisse des traces », a ajouté M. Roussel.
Un congrès du PCF en juillet
De fait, la « rupture » semble totale. En vertu du dernier accord législatif conclu avec LFI en 2024, au moment du Nouveau Front populaire, « nous nous sommes battus pour faire élire des candidats communs », a rappelé le dirigeant communiste.
Mais « ces mêmes députés “insoumis” pour lesquels nous nous sommes battus se sont présentés contre les maires communistes, socialistes, écologistes aux élections municipales », a-t-il dénoncé, jugeant que « ça laisse un petit peu un goût amer ».
Interrogé pour savoir s’il y aura un candidat communiste à la présidentielle de 2027, M. Roussel a répondu « on verra », alors qu’un congrès du PCF est prévu au début de juillet. Avançant « une contre-proposition » à celle de M. Bompard, il a invité « les forces de gauche », y compris LFI, « à travailler sur le choc pétrolier » actuel.
« Est-ce que la gauche est capable de présenter des mesures fortes telles que moi je les mets sur la table aujourd’hui pour pouvoir reprendre la main sur la politique énergétique, pour pouvoir bloquer les marges », a-t-il souligné, en souhaitant parler « de concret pour les Français » et pas de « tractations ».
Source:
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