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Et si quelques minutes de jeux cérébraux par jour protégeaient vraiment votre cerveau de la démence ?

La question de l’entraînement cérébral comme bouclier contre la maladie d’Alzheimer et les démences apparentées fait débat depuis des années. Une analyse publiée dans la revue Alzheimer’s & Dementia : Translational Research & Clinical Interventions apporte un éclairage inédit.

Sur vingt ans de suivi, les chercheurs ont étudié si des exercices cognitifs ciblés pouvaient réduire le risque de diagnostic de démence. Les résultats, nuancés mais porteurs d’espoir, pointent vers une approche précise : la stimulation de la vitesse de traitement de l’information, renforcée par des séances de rappel.

Une étude sur vingt ans pour tester la prévention cognitive

L’essai « Active » (Advanced Cognitive Training for Independent and Vital Elderly) est l’un des plus longs jamais menés sur ce sujet. Entre 1998 et 1999, 2 802 adultes âgés d’au moins 65 ans ont participé à ce programme multisite randomisé. Ils ont été répartis en quatre groupes :

Entraînement de la mémoire.Entraînement du raisonnement.Entraînement de la vitesse de traitement.Groupe témoin sans intervention.

Les données médicales des participants ont ensuite été croisées avec les dossiers Medicare jusqu’en 2019. Sur l’ensemble du suivi, 48,7 % des personnes du groupe témoin ont reçu un diagnostic de démence. La mortalité élevée – 77 % des participants sont – reflète l’âge avancé de la cohorte.

Premier constat : aucun des trois types d’entraînement, pris seuls, ne réduit significativement le risque de démence. Une légère tendance à la baisse de 12 à 15 % s’observe, mais sans atteindre le seuil de significativité statistique.


Un entraînement mental structuré, régulier et ciblé sur la vitesse cognitive pourrait retarder l’apparition de la démence et prolonger l’autonomie des personnes âgées. © Radachynskyi, iStock

La clé : des séances de renforcement qui changent tout

Le résultat le plus frappant concerne les participants du groupe « vitesse de traitement » qui ont reçu des séances de renforcement. Ces séances booster, proposées à 11 mois puis à 35 mois, ont transformé les résultats.

Les participants ayant suivi ces rappels présentent un risque de démence inférieur de 25 % par rapport au groupe témoin (ratio de risque ajusté : 0,75 ; intervalle de confiance à 95 % : 0,59-0,95). À l’inverse, ceux du même groupe sans booster ne montrent aucun bénéfice protecteur.

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L’entraînement à la vitesse de traitement cible l’attention visuelle et la rapidité de réponse. Ce sont des compétences mobilisées dans la vie quotidienne, notamment la conduite automobile. Des analyses antérieures sur la même cohorte avaient déjà montré une réduction des accidents responsables chez les participants entraînés à la vitesse. La protection cognitive s’ancre donc dans des aptitudes concrètes et fonctionnelles.

En revanche, ni l’entraînement de la mémoire ni celui du raisonnement n’ont démontré d’effet protecteur à long terme contre la démence, avec ou sans booster. L’âge des participants ne modifie pas significativement ces résultats, bien qu’une tendance favorable soit observée chez les plus jeunes du groupe mémoire.

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Des limites méthodologiques méritent d’être signalées. Les diagnostics reposent sur les données administratives Medicare, et non sur des évaluations cliniques directes. D’autre part, l’éligibilité aux séances de renforcement dépendait de la participation initiale, ce qui peut introduire un biais de sélection. La généralisation des résultats reste donc partielle.

Ces travaux ouvrent néanmoins une voie sérieuse : un entraînement mental structuré, régulier et ciblé sur la vitesse cognitive pourrait retarder l’apparition de la démence et prolonger l’autonomie des personnes âgées, une perspective à la fois scientifique et profondément humaine.


Source:

www.futura-sciences.com

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