- Advertisement - spot_imgspot_img
AccueilScienceEssaims de drones kamikazes : Airbus tient-il enfin la solution pour les...

Essaims de drones kamikazes : Airbus tient-il enfin la solution pour les arrêter… et économiser des milliards ?

Abondamment utilisés au Moyen-Orient depuis le début du mois de mars et dès la première année de l’invasion russe en Ukraine, les fameux drones suicides Shahed-136 iraniens et leur clones russes Geran restent un gros problème pour les armées. Ils passent sous le spectre des radars et sont difficiles à intercepter lorsqu’ils déferlent sur leur cible en essaims. L’équation à résoudre consiste à trouver le bon rapport entre leur coût de fabrication réduit et celui nécessaire à les anéantir.

Au Moyen-Orient, les Américains ont sous-estimé leur impact dans la préparation de l’opération Epic Fury. Bilan : ils ont dû consommer des quantités astronomiques de missiles intercepteurs à plus d’un million d’euros l’unité. Un gâchis et une grosse tension sur les stocks de missiles pour détruire des drones dont le prix est évalué à environ 30 000 euros.


Tags :
tech

Shahed : pourquoi les États-Unis ont échoué à anticiper la menace iranienne et comment ils tentent de rattraper leur retard


Lire l’article


Dans le même esprit, pour protéger le ciel des Émirats arabes unis, pour les abattre, les Rafale et Mirage 2000 français ont consommé une grande partie du stock de missiles Mica. Problème : unitairement, ils coûtent deux fois plus que ces drones. De son côté, cela fait longtemps que l’Ukraine a trouvé des solutions efficaces et low-cost avec des drones intercepteurs à moins de 2 000 euros.

Depuis, certaines entreprises européennes se joignent dans l’aventure en développant sur leur fonds des drones équivalents. Ils sont parfois testés par les forces ukrainiennes sur le terrain.

Les industriels ne sont pas en reste, mais habitués aux « gros » programmes, ils pensent différemment. C’est le cas d’Airbus Defence & Space qui vient de réaliser en Allemagne le vol inaugural de son Bird of Prey. Il s’agit d’un intercepteur très différent des drones ou missiles de défense à usage unique. L’engin est un drone long de 3,1 mètres et de 2,5 mètres d’envergure, c’est-à-dire pratiquement les mêmes dimensions que celles du fameux Shahed. Sa masse au décollage est de 160 kilos et il est lancé via un rail sur rampe.

Le Bird of Prey est propulsé par deux micro-réacteurs pour pouvoir rejoindre rapidement ses cibles et les neutraliser avec ses missiles embarqués. © Airbus Space & Defense

La grande différence, c’est que contrairement au drone suicide iranien, il est réutilisable. Pour détruire les drones, plutôt que de percuter sa cible ou bien de détoner à proximité, il porte jusqu’à 8 micromissiles. De quoi réaliser plusieurs interceptions pratiquement simultanées, puisque les Shahed-136 sont généralement lancés par essaims pour saturer les défenses.

Durant son essai, le drone embarquait quatre missiles. Le scénario de mission était réaliste : le Bird of Prey a recherché, détecté et identifié de manière autonome un drone kamikaze. Il l’a engagé et neutralisé avec un de ses missiles.

Des micromissiles anti-Shahed

Les missiles portés par le drone sont également une invention récente. Il s’agit des Mark 1 de Frankenburg Technologies, une entreprise estonienne. Avec ses 65 centimètres, le missile est à peu près aussi grand qu’une baguette de pain. Il coûte autour de 43 000 euros, ce qui reste un peu plus onéreux que sa cible, mais infiniment moins que les missiles high-tech actuellement employés. Le missile est lui aussi dopé à l’intelligence artificielle. À partir des données des capteurs embarqués, c’est l’IA qui réalise de façon autonome le suivi de la cible sur les éventuels 1,5 kilomètre de portée de l’engin. Avec son ogive de 500 grammes d’explosifs à fragmentation, le Mark 1 détone à proximité du drone ciblé pour le détruire. La seule inconnue reste sa précision, mais comme le drone embarque huit missiles, cela multiplie les chances d’un tir au but.

Pour ce qui est du Bird of Prey, il a un petit air de déjà-vu. Pour cause, c’est une déclinaison d’un drone existant, le Do-DT25 d’Airbus en activité depuis le début des années 2000. L’aéronef est ce que l’on appelle un « drone cible ». Il sert à l’entraînement pour simuler des avions de combat, des missiles et autres menaces aériennes.

Le AQ 400 Scythe est un drone suicide à vol lent mais dont la portée lui permet d’atteindre la Russie ou un territoire occupé comme la Crimée. © Parilov, Adobe Stock

Tags :
tech

L’Ukraine lance le Scythe, un drone-suicide en réponse aux attaques des Shahed-136


Lire l’article


L’avantage de partir de cette plateforme, c’est que le développement du drone intercepteur a été rapide. À partir du début du projet, il n’a fallu à Airbus que neuf mois pour le faire voler armé de quatre missiles. C’est un record pour un industriel du secteur de la Défense.

Contrairement aux petits acteurs qui développent des intercepteurs, Airbus a comme atout sa capacité à industrialiser en masse ce type d’engin. Il est de surcroît pensé pour s’imbriquer dans les architectures Otan existantes et notamment le système de gestion de combat commercialisé par Airbus. C’est un argument rassurant pour les pays de l’alliance, car cela répond à leurs besoins.

Selon le communiqué d’Airbus, des essais avec ogives réelles sont prévus tout au long de cette année, avant que le drone ne soit présenté aux clients potentiels.


Source:

www.futura-sciences.com

Annonce publicitairespot_img

Derniers articles

Annonce publicitairespot_img