Déjà homme fort du conseil départemental et maire de Nice, Eric Ciotti a été élu, jeudi 9 avril, à la tête de la Métropole Nice-Côte d’Azur, où il succède à Christian Estrosi, qu’il avait battu aux récentes élections municipales.
Seul candidat pour ce scrutin, Eric Ciotti a été élu avec 108 voix, sur 115 votants, apportant à l’extrême droite, en quête d’enracinement dans la vie politique locale, la direction d’une importante structure intercommunale.
Née en 2012 de la fusion de quatre communautés urbaines, la métropole niçoise compte 51 communes et un demi-million d’habitants, des plages de la promenade des Anglais jusqu’aux pistes de ski d’Isola 2000.
Si dans de nombreuses agglomérations l’arrivée d’élus RN a suscité d’intenses tractations visant à les écarter des instances dirigeantes intercommunales, l’élection de M. Ciotti ne faisait aucun doute. Sur les 133 conseillers, il compte 49 élus sur sa liste à Nice, huit sur la liste de son allié RN de Cagnes-sur-mer, Bryan Masson, et entretient une grande proximité avec nombre d’élus des petites communes.
Railleries
Proximité politique dans certains cas, issue de la guerre de tranchées menée contre le clan de l’ancien président Christian Estrosi ; proximité territoriale aussi pour la vallée de la Vésubie, son berceau familial, mais surtout proximité d’action, beaucoup de ces maires ayant eu souvent affaire à M. Ciotti en tant que président (2008-2017) puis vice-président (depuis 2017) du conseil départemental. L’entourage d’Eric Ciotti promet une gestion plus responsable et respectueuse des oppositions que sous l’équipe précédente.
Alors que des élus estrosistes ont déjà rallié la majorité ciottiste au conseil départemental, le camp de l’ancien maire de Nice est bien moins vindicatif. Pierre-Paul Leonelli, l’un des porte-voix estrosistes les plus virulents pendant la campagne, s’est dit, dans un message sur X, « prêt à travailler de manière constructive », en souhaitant que la métropole ne devienne pas « un champ de bataille politicien » mais « un véritable espace de collaboration ».
De quoi susciter les railleries parmi ses anciens opposants, qui se sont plaints pendant des années de n’avoir qu’une à deux minutes pour s’exprimer quand M. Estrosi en prenait trente pour leur répondre, non sans une certaine condescendance. « La métropole d’Estrosi ne fonctionnait qu’autour d’Estrosi et que pour la ville de Nice. C’était une direction très centralisée autour des Niçois », affirme M. Masson.
Une opposition plus respectée ?
Comme pour le conseil municipal niçois, le camp Ciotti évoque de possibles modifications du règlement interne afin que l’opposition soit plus respectée. « On est très curieux de voir comment ça va se passer », dit Juliette Chesnel-Le Roux, conseillère PS-PCF-Ecologistes, rappelant que lors du conseil municipal à Nice M. Ciotti a bien laissé la parole à l’opposition.
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Ce que n’a cependant pas fait M. Masson à Cagnes-sur-mer, et les rares élus de gauche de la métropole s’inquiètent de la place qui sera réservée au jeune élu RN. Ce dernier a déjà promis d’obliger la métropole à enterrer un projet de ligne de tramway entre Nice et Cagnes-sur-mer, auquel il préfère le développement, moins cher et plus rapide à mettre en place, de lignes de bus à haut niveau de service.
La nouvelle majorité promet, au-delà des personnes, « une gestion des finances publiques plus rationnelle et plus responsable », comme l’assure Bertrand Casiglia, maire de Tourrette-Levens et ancien collaborateur de M. Ciotti. Les détracteurs de M. Estrosi n’ont, par exemple, pas digéré l’installation à la hâte du centre des congrès en préfabriqué, l’an dernier, sur le port de Nice pour le sommet de l’ONU sur l’océan, avec une facture de 20 millions d’euros passée du jour au lendemain du budget de la ville à celui de la métropole.
Source:
www.lemonde.fr




