Les élèves italiens sont priés de bien se comporter à l’école, car ils sont soumis à une note qui peut décider de leur passage au niveau supérieur. En revanche attention aux exagérations sur cette information.
Publié le 25/04/2026 18:00
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En Italie, l’année scolaire 2025-2026 a été marquée par l’entrée en vigueur d’une réforme qui change la façon d’évaluer les élèves. Désormais, leur comportement peut leur faire redoubler une classe, et des amendes lourdes peuvent tomber en cas d’agression contre un enseignant. « J’ai lu qu’en Italie, les élèves vont avoir une note de comportement et qu’en dessous de 5 sur 10, ils devront redoubler même s’ils ont des bonnes notes par ailleurs », explique Clara, élève au collège André-Derain, à Chambourcy dans les Yvelines.
Clara a raison sur le principe. Une nouvelle loi italienne, la loi n°150 du 1er octobre 2024 (page en italien), portée par le ministre italien de l’Éducation, Giuseppe Valditara, a été mise en place depuis la rentrée de septembre 2025 (page en italien). Elle remet au goût du jour ce qu’on appelle là-bas le « voto in condotta », la note de conduite. Désormais, un collégien ou un lycéen italien peut redoubler à cause de son comportement, même avec d’excellentes notes dans toutes les autres matières.
Le seuil n’est pas « en dessous de 5 sur 10 », mais en dessous de 6. Concrètement, à partir de 7, l’élève passe sans condition. Avec un 6 pile, il doit rendre un travail sur la citoyenneté, et les enseignants décident en fin d’année s’il passe ou s’il redouble. Et à partir de 5, c’est le redoublement automatique.
Non, on ne reçoit pas un 5, ou moins, pour des retards, des bavardages ou des oublis de devoirs, mais pour de véritables cas de violences. Au départ, la loi parlait de « violation grave et répétée du règlement intérieur », ce qui restait flou. Le Conseil d’État italien est intervenu en juin 2025 dans un avis qui a précisé les choses (page en italien).
Aujourd’hui, pour qu’un élève italien ait un 5, ou moins, en comportement, il faut des faits graves et répétés. On parle d’agressions verbales contre un enseignant, de harcèlement, y compris de cyberharcèlement, de violences physiques ou de dégradations importantes dans l’établissement.
« J’ai lu qu’en Italie, les élèves peuvent avoir entre 500 et 10 000 euros d’amende s’ils se comportent mal à l’école. Est-ce vrai ? » s’interroge à son tour Coralie, élève dans le même collège que Clara.
C’est faux. Un élève italien qui chahute en classe, oublie ses devoirs ou arrive en retard ne risque aucune amende. Ces chiffres existent bien et figurent dans la même loi italienne, mais ils correspondent à autre chose. Il s’agit de l’amende que risque une personne condamnée au tribunal pour avoir agressé un enseignant ou un membre du personnel scolaire. La somme est ensuite versée à l’établissement.
Cette amende peut concerner un élève, mais aussi un parent d’élève. C’est important, parce que selon les chiffres du ministère italien, en 2025, près de la moitié des agressions contre les enseignants venaient justement des parents d’élèves.
Source:
www.franceinfo.fr





