Après l’incendie à Crans-Montana, le 1er janvier, la Suisse a demandé l’activation du mécanisme de protection civile de l’Union européenne, qui dispose d’un plan de réponse aux afflux massifs de brûlés. Le professeur Thomas Leclerc, anesthésiste-réanimateur à l’hôpital d’instruction des armées Percy, à Clamart (Hauts-de-Seine), en est l’un des pères fondateurs.
Comment la France a-t-elle répondu à la demande de la Suisse ?
Le mécanisme prévoit des équipes spécialisées de triage, des moyens d’évacuation médicale et des places en CTB. La France a proposé des équipes – nous avons deux Burn Assessment Teams [équipes d’évaluation des brûlures] – et des lits. La Suisse a accepté une équipe française et une italienne pour les nombreuses victimes francophones et italophones. Elles sont allées voir les patients dans les hôpitaux suisses. De mon côté, j’étais au centre de crise sanitaire du ministère de la santé. Je proposais des répartitions de malades, en tenant compte de leurs besoins, et, si possible, de leur domicile. Les Roumains ont envoyé un avion équipé, qui a fait deux rotations, transportant au total huit brûlés vers la France.
La réponse suisse a été remarquable. Elle a permis la fluidité de la réponse européenne. C’est un bel exemple de solidarité internationale, et ce n’est pas si fréquent par les temps qui courent.
Qu’est-ce qui a inspiré ce mécanisme pour l’afflux de patients brûlés ?
Il est né d’une catastrophe dans une boîte de nuit à Bucarest, le 30 octobre 2015, qui ressemble tristement à ce qu’il s’est passé à Crans-Montana, avec des centaines de jeunes victimes. Les hôpitaux roumains ont été vite saturés. L’aide internationale est arrivée trop tard. Il y a eu une trentaine de morts sur place, et à peu près autant dans les hôpitaux. La crise a été très mal vécue par la population et a provoqué la chute du gouvernement. Début 2016, la Roumanie a assuré la présidence tournante du comité de protection civile de l’Union européenne, à qui elle a proposé de réfléchir à un outil, et cela a abouti à une organisation adoptée en 2020.
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Source:
www.lemonde.fr




