La défaite de Viktor Orbán, malgré le soutien de l’extrême droite européenne, fragilise la ligne anti-UE du Rassemblement national. Elle marque aussi un revers pour Donald Trump, dans un scrutin qui ressemble à un vote en faveur de l’Europe et du soutien à l’Ukraine.
Publié le 13/04/2026 07:02
Mis à jour le 13/04/2026 07:11
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Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a été battu dimanche 12 avril aux législatives, une lourde défaite malgré le soutien de Marine Le Pen. Il y a à peine trois semaines, elle était encore venue déclarer sa flamme à son « ami » Viktor lors d’un meeting à Budapest : un « visionnaire », un « dirigeant d’exception » et surtout un « pionnier », lançait Marine Le Pen.
Il faut dire que Budapest était devenue la Mecque des nationalistes, la terre sainte de l’extrême droite européenne. Pendant la campagne, tous ses leaders sont venus serrer les rangs autour de leur chef hongrois : le RN donc, mais aussi le leader de la Ligue italienne, Matteo Salvini, le Néerlandais Geert Wilders, le parti espagnol Vox, nostalgique du franquisme, ou encore l’AfD allemande.
Viktor Orbán était au pouvoir sans discontinuer depuis 16 ans, depuis 2010, bien avant que la tempête trumpiste venue d’outre-Atlantique ne souffle sur l’Europe. Au fil des ans, il avait noué une véritable idylle politique avec Marine Le Pen. Il l’avait accueillie en grande pompe à l’automne 2021, à l’orée de sa troisième campagne présidentielle. Quelques mois plus tard, Marine Le Pen avait décroché un prêt de plus de 10 millions d’euros auprès d’une banque hongroise. Lorsqu’elle a été condamnée en première instance dans l’affaire des assistants fictifs, Viktor Orbán a publié sur X un message de soutien : « Je suis Marine », avant de lui envoyer une vidéo pour un meeting.
Sa défaite représente donc un coup dur pour le RN. D’autant plus qu’elle s’est jouée pour l’essentiel sur un thème qui lui est cher : le rejet de l’Union européenne. À Budapest, Marine Le Pen avait qualifié son allié hongrois d’ »emblème de la résistance d’un peuple fier et souverain à l’oppression » de l’Union européenne. Elle l’a toujours défendu lorsque Bruxelles l’accusait de « dérive illibérale », en raison d’atteintes à l’État de droit. De même, elle l’a soutenu lorsqu’il a bloqué un prêt européen de 90 milliards d’euros destiné à financer l’effort de guerre ukrainien. Viktor Orbán, allié de Vladimir Poutine, considère que l’Europe est un carcan, une prison, une vision partagée par le RN. Jordan Bardella accueille d’ailleurs les élus de son parti Fidesz dans son groupe au Parlement européen. Le problème pour le RN, c’est que la victoire du conservateur Peter Magyar s’apparente à un véritable référendum en faveur de l’Union européenne et du soutien à Volodymyr Zelensky.
C’est aussi, clairement, une défaite pour Donald Trump. Le président américain souhaitait ardemment sa victoire et a tout fait pour. Son vice-président, J. D. Vance, s’est lui aussi rendu à Budapest pour faire campagne. L’occasion pour le RN de mesurer que le soutien affiché de la Maison Blanche pourrait aussi fragiliser son candidat, Marine Le Pen ou Jordan Bardella, à la présidentielle en 2027.
Source:
www.franceinfo.fr




